L'UNamur présente une nouvelle technique pour diagnostiquer le Covid-19

Benoït Muylkens, virologue et directeur de l'Unité de recherche vétérinaire intégrée de l'UNamur, en compagnie d'Emmanuel André, porte-parole interfédéral Covid-19. ©BELGA

La technique, basée sur des tests chimiques, doit permettre de fournir 480 diagnostics supplémentaires par jour.

L'Université de Namur (UNamur) a mis au point une nouvelle méthode de diagnostic du Covid-19 qui s’affranchit des réactifs en pénurie. Le protocole, développé avec la KULeuven (KUL), a été homologué ce mardi par l'Agence fédérale des Médicaments et de Produits de santé (AFMPS).

La technique développée par l’équipe de Benoît Muylkens, professeur expert en virologie et directeur de l'Unité de recherche vétérinaire intégrée de l'UNamur, est basée sur des tests chimiques connus qui permettent de mettre en évidence l’élément clé du virus, son information génétique. "Il s'agit d'un procédé d'extraction manuelle du code génétique du virus à l'aide d'un composé chimique, d'une hotte et d'une centrifugeuse",  a expliqué le scientifique. Son seul handicap est que cette technique nécessite une plus grande main-d'œuvre. Mais elle permet le diagnostic en support des laboratoires de référence, aujourd’hui saturés. Selon ses promoteurs, elle est partageable et peut être utilisée partout dans le monde.

Ralentir l'épidémie

En Belgique, les échantillons qui sont analysés viennent des centres de référence, la KUL ou le CHU UCL Mont‐Godinne et repartent dès que le diagnostic est réalisé. Aucun prélèvement ne sera donc effectué sur le site universitaire namurois. Selon l’UNamur, la collaboration entre 6 laboratoires, dans lesquels 12 chercheurs, supportés par 12 logisticiens, sont en activité, permettra de fournir chaque jour 480 résultats de tests. 

"La prise en charge du diagnostic de manière plus ou moins intense influence le cours de l’épidémie."
Benoît Muylkens
Virologue à l'Université de Namur

La question de la détection de la maladie est cruciale. "La prise en charge du diagnostic de manière plus ou moins intense influence le cours de l’épidémie. Seuls des pays ayant un mécanisme de détection très robuste à large échelle sont parvenus à ralentir le taux de croissance de l’épidémie", a rappelé Benoît Muylkens. La Corée du Sud a eu un recours massif aux tests de détection et a repéré assez vite ses personnes infectées. Le pays a dès lors réussi dès le départ à cibler leur prise en charge médicale, ce qui explique qu’il a pu cantonner le nombre de décès. Pour sa part, la Belgique a dû limiter le nombre de tests effectués en raison d’une pénurie mondiale d’un réactif utilisé pour les tests existants.

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