La Belgique dévoile les groupes prioritaires pour le vaccin anti-Covid

Le premier vaccin disponible sera celui de Pfizer-BioNtech avec 600.000 doses. ©ZUMAPRESS.com

La Conférence interministérielle (CIM) Santé publique a balisé, ce jeudi, la stratégie de vaccination contre le coronavirus en Belgique.

Après avoir achevé une première Conférence interministérielle (CIM) Santé publique sans accord mercredi, les différents ministres de la Santé du Fédéral et des entités fédérées se sont à nouveau réunis ce jeudi matin. À l'ordre du jour: la stratégie de vaccination dans notre pays.

Mercredi, le Premier ministre Alexander De Croo annonçait que la Belgique commencerait à vacciner dès le 5 janvier prochain, si les vaccins étaient prêts et les autorisations européennes accordées, ce qu'a confirmé la CIM ce jeudi. Alexander De Croo avait également annoncé que le pays achèterait deux millions de vaccins Moderna

Rappelons qu'à ce jour la Belgique s'est engagée à acheter des vaccins auprès de cinq entreprises: AstraZeneca (7,5 millions de doses), Johnson & Johnson (5 millions de doses), Pfizer & BioNtech (5 millions de doses), Curevac (2,9 millions de doses) et Moderna (2 millions de doses).

300.000
personnes
Le premier vaccin disponible sera vraisemblablement celui de Pfizer-BioNtech et il permettra la vaccination de 300.000 personnes.

La prochaine étape est désormais la délivrance de l'autorisation de mise sur le marché attendue pour fin 2020, début 2021. Le démarrage de la vaccination est attendue, quant à elle, en janvier prochain, comme annoncé par le Premier ministre.

Le premier vaccin disponible sera celui de Pfizer-BioNtech avec 600.000 doses, a indiqué lors de la conférence interministérielle Dirk Ramaekers, président de la Task Force en charge de la vaccination. Ce vaccin nécessite toutefois deux injections par personne, et permettra donc la vaccination de 300.000 personnes.

Le personnel des hôpitaux au deuxième plan

La CIM a ensuite balisé les groupes prioritaires qui bénéficieront en premier du vaccin contre le coronavirus:

  1. Les résidents et le personnel des établissements d'hébergement pour personnes âgées, suivis des institutions collectives de soins, en incluant les volontaires.
  2. Les professionnels de soins au sein des hôpitaux et œuvrant en "première ligne". Cette catégorie regroupe les personnes à risque élevé de contamination en raison de contacts rapprochés avec des patients Covid-19 dans leur travail.
  3. Les autres membres du personnel des hôpitaux et des services de santé.
  4. Les personnes âgées de 65 ans et plus, soit indistinctement, soit par catégories d'âge descendantes selon la disponibilité des vaccins. Cela reste à préciser.
  5. Les personnes de 45-65 ans avec des comorbidités spécifiques: obésité, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, pulmonaires, rénales et hépatiques chroniques et malignités hématolgiques jusqu'à 5 ans après le diagnostic et tous les cancers solides récents. La liste des comorbidités n'est pas arrêtée définitivement, elle pourra être élargie si des preuves scientifiques mettent en évidence de nouveaux groupes à vacciner prioritairement.
  6. Enfin, les personnes exerçant des fonctions sociales et/ou économiques essentielles, selon des critères qui seront définis ultérieurement.
"J’imagine que prioriser la vaccination en maison de repos permet de donner de l’air à ces personnes, pour permettre des visites notamment.é
Nicolas Dauby
Spécialiste des maladies infectieuses au CHU Saint Pierre

On pensait jusqu’ici que le personnel des hôpitaux serait vacciné prioritairement, avant les résidents des maisons de repos. Ce ne sera finalement pas le cas. Nicolas Dauby, spécialiste des maladies infectieuses au CHU Saint Pierre, n’est pas étonné de ce changement.

"J’imagine que prioriser la vaccination en maison de repos permet de donner de l’air à ces personnes, pour permettre des visites notamment." Il ne s’inquiète pas du fait que le personnel des hôpitaux passe au deuxième rang. "Les hôpitaux ont un bon screening de la maladie, ils la gèrent bien. Aux premiers symptômes, les personnes sont écartées et le port du masque est généralisé."

Les différentes phases de vaccination

La stratégie de vaccination comportera trois phases.

La phase 1a est celle de la vaccination des groupes prioritaires, les plus à risques: le personnel des centres de soins et des hôpitaux en première ligne.

Lors de la phase 1b, ce sont les plus de 65 ans et les personnes âgées entre 45 et 65 ans avec comorbidités qui seront vaccinés. Les personnes travaillant dans les entreprises essentielles pourront également être vaccinées.

Enfin, lors de la phase 2, le reste des personnes à risques et celles à faibles risques seront vaccinées.

Ces différentes phases s'étaleront durant les premiers mois de 2021, ce qui signifie que la majorité des Belges ne sera pas vaccinée avant l'été, ont admis les autorités sans calendrier plus précis. "Notre stratégie est évolutive. Nous aimerions aller plus vite mais pour l'instant, la seule certitude que nous avons dans notre plan, c'est l'arrivée des vaccins de Pfizer en janvier. Et même ça, ça reste soumis au feu vert de l'Agence européenne des Médicaments (AEM)", a expliqué Dirk Ramaekers. "Nous sommes tout de même quasiment certains, aussi, de l'arrivée des vaccins de Moderna."

Le commissaire corona Pedro Facon. ©BELGA

Si la tendance continue dans la même direction, les autorités espèrent toutefois qu'à partir de la mi-mars, le rythme de production des vaccins s'accélérera. Il sera alors plus aisé de parvenir au bout des trois phases opérationnelles qui ont été définies. Le commissaire corona Pedro Facon a toutefois tenu à souligner qu'il reste des incertitudes, notamment le timing de disponibilité des vaccins sur notre marché et leur fonctionnement exact.

Un débat citoyen autour de la vaccination

Par ailleurs, la cellule de communication de la task force vaccination présidée par Yvon Englert sera chargée de construire, avec l'ensemble des entités fédérées et des professionnels de la communication, un plan de communication et une structuration du débat citoyen dans les semaines et mois qui viennent.

"Il s'agit d'un paysage qui va être évolutif sur la quantité et le type de vaccins disponibles. Il faut donc accompagner toutes les étapes par une information adaptée à la situation, au cours de toute l'année 2021", souligne Yvon Englert. Cela implique un travail d'information vers les praticiens, le personnel en charge de la vaccination et toutes les personnes en première ligne qui doivent pouvoir conseiller leurs patients et les informer.

"Il faut construire des messages cohérents et aussi complets que possible pour maximiser notre impact et convaincre au maximum le citoyen de se protéger."
Yvon Englert
Président de la task force vaccination

La deuxième dimension de ce débat sociétal verra la formation de petits groupes de citoyens qui débattront afin de donner des informations aux autorités sur les inquiétudes et les espoirs de la société, et pouvoir y répondre dans la communication générale. L'ensemble de ce travail se développera sur les deux semaines qui viennent avec un objectif, pour la mi-décembre, de présenter l'ensemble des ces préoccupations aux autorités.

"Il faut construire des messages cohérents et aussi complets que possible pour maximiser notre impact et convaincre au maximum le citoyen de se protéger", avec une attention particulière pour les groupes vulnérables, conclut Yvon Englert.

PODCAST | "Dire qu'il ne faut pas se faire vacciner, c'est criminel"

Dans ce podcast, le chercheur-entrepreneur Cédric Blanpain (ULB-ChromaCure) nous parle de lutte contre le cancer, d'enjeux du vieillissement et de vaccination.

Ecoutez le podcast avec Cédric Blanpain

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