La Belgique en lockdown, qu'est-ce que ça impliquerait?

Même si l'on ne peut pas (encore) parler de lockdown en Belgique, les rues de Bruxelles sont déjà désertes. ©BELGA

De nouvelles mesures de confinement pourraient être annoncées prochainement en Belgique. Un lockdown à l'italienne ou à la française... Mais qu'est-ce que ça signifierait? Quelles sorties un véritable lockdown permettrait-il encore?

Ceci n'est pas un lockdown. Pas encore. Actuellement, la Belgique a fermé ses écoles, discothèques, cafés et restaurants. Hors alimentation et pharmacie, les magasins doivent fermer le weekend et, en réalité, de nombreuses chaînes ont déjà décidé de ne plus ouvrir du tout, temporairement. Les activités récréatives, sportives, culturelles, folkloriques sont annulées, peu importe leur taille et leur nature, publiques ou privées. Plus de messes ni de mariages, ni de baptêmes. L'offre de transports en commun est réduite.

Mais donc, tout cela, "ce n'est pas un lockdown. Nous voulons éviter des situations comme en Italie", expliquait la Première ministre Sophie Wilmès il y a cinq jours. Mais voilà, depuis lors, la Belgique compte 10 décès dus au coronavirus et 1.243 cas de contamination.

"La crise va continuer à prendre plus d'ampleur."
Sabine Laruelle
Présidente du Sénat

Pourquoi de nouvelles mesures?

La Belgique dispose de 2.000 places de soins intensifs pour faire face à la pandémie. Les mesures déjà prises au niveau du Conseil national de sécurité sont destinées avant tout à éviter d'arriver à leur saturation. Seulement, voilà, les chiffres continuent à grimper et c'est inquiétant, même si on savait que les mesures déjà instaurées allaient mettre du temps avant de prouver leurs effets.

"On essaie que le pic arrive le plus tard et le plus bas possible, mais on est toujours en montée, la crise va continuer à prendre plus d'ampleur", constatait Sabine Laruelle (MR), la présidente du Sénat, ce mardi matin sur Bel RTL.

Face à cette situation, les appels à un vrai lockdown se multiplient. Marc Watelet, spécialiste des coronavirus humains, estime une telle mesure urgente: "Il aurait déjà fallu le faire il y a au moins une semaine et certainement aujourd’hui. Il faudrait dire dès maintenant que l’on arrête toutes les activités non essentielles, tous les boulots qui ne sont pas indispensables en dehors des médecins, des pharmaciens, des magasins d'alimentation, etc. si on ne peut pas faire de télétravail."

Quand?

Un conseil national de sécurité pourrait se réunir ce mardi, et de nouvelles mesures pourraient être annoncées. C'est-à-dire surtout des restrictions supplémentaires dans les déplacements de personnes. Tout dépendra de ce qui ressort de la réunion du Risk Management Group. 

La France (148 décès et 6.633 cas), elle, passe, au lockdown strict. Comme l'Italie et l'Espagne. Alors, qu'est-ce qui nous attend? Le "Tutti a casa" comme en Italie ("tout le monde chez soi" ou, comme disait Maggie De Block "Blijf in uw kot")? Voyons ce qui a été décidé en France et dont devrait s'inspirer nos autorités.

Un lockdown à la française?

À partir de ce mardi midi, les Français ne peuvent plus sortir de chez eux ni se réunir sans raison valable et toute infraction sera sanctionnée. Les restrictions concernent la circulation des personnes et sont prises pour quinze jours, éventuellement renouvelables. Le lockdown, en gros, ça consiste donc à rester chez soi. Mais beaucoup estiment que certaines sorties sont impératives. De fait, tout n'est pas totalement interdit. Mais il faut justifier sa sortie.

Les Français peuvent-ils encore...

  • Aller travailler?
    Oui, mais en présentant un document. Cartes professionnelles et attestations d'employeurs sont acceptées. Les Français peuvent aussi présenter un "document attestant sur l'honneur le motif" du déplacement, notamment téléchargeable sur le site du ministère de l'Intérieur ou à rédiger sur papier libre. 
  • Faire leurs courses?
    Oui, certains déplacements échappent aux restrictions, mais pas aux justificatifs, c'est le cas des courses.
  • Aller chez le médecin?
    Oui, les "besoins de première nécessité, pour motifs de santé" font partie des exceptions aux restrictions.
  • Soigner des parents malades?
    Oui, les "déplacements au motif familial impérieux, pour les personnes vulnérables, pour venir en aide à un proche dépendant" sont acceptés, toujours avec justificatif sur l'honneur.
  • Aller chercher les enfants?
    Oui, les parents séparés peuvent se déplacer pour aller chercher ou déposer les enfants.
  • Promener leur chien?
    Oui. Le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner a précisé que des "déplacements brefs à proximité du domicile" seront également tolérés. 
  • Faire leur jogging en forêt?
    Oui, mais pas trop loin et pas trop souvent. "On pourra toujours pratiquer une activité physique ou sortir son chien, mais chacun devra le faire avec parcimonie", selon le ministre Castaner.

Qui va contrôler tout ça? 100.000 policiers et gendarmes vont être chargés des contrôles. L'amende pour les contrevenants, ceux qui ne peuvent justifier leur déplacement, va être portée à 135 euros. Pour freiner le phénomène d'exode de la population, l'offre de transports en commun est diminuée.

Un mètre de distance

En Italie, comme en Espagne et en France, le confinement implique des sorties très limitées... et justifiables. ©EPA

En Italie et en Espagne, l'esprit du confinement est identique. On ne reçoit plus personne chez soi: ni ami ni parent, ni personnel d'entretien. Les seules sorties autorisées concernent le travail (si le télétravail est impossible), les courses (nourriture et pharmacie), les soins médicaux et les petites sorties (jogging, promenade du chien, en respectant une distance de 1 mètre entre les gens).

À l'entrée des magasins ouverts, on filtre les clients pour éviter la proximité à l'intérieur. Mais là-bas, la police est véritablement déployée en nombre, pour éviter les rassemblements ou vérifier que les passants respectent la distance réglementaire d’un mètre. À Madrid, la police municipale utilise même des drones avec haut-parleurs pour rappeler aux habitants de rester chez eux.

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