La Belgique maintient la double dose de vaccin

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Le Conseil supérieur de la Santé et la Taskforce Vaccination recommandent la double injection du vaccin pour une meilleure protection contre les variantes

Le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) et la Task Force Vaccination s'en tiennent à deux doses du vaccin corona pour une meilleure protection contre les variants. Cette position fait suite à l'avis des autorités sanitaires françaises, la semaine dernière de ne donner qu'une seule dose aux personnes déjà infectées par le COVID-19. La France a été le premier pays à formuler une telle recommandation.

La HAS (Haute Autorité de Santé) française a fait valoir que les personnes guéries du COVID-19 avaient développé une mémoire immunitaire lors de leur infection. Une seule dose du vaccin suffirait alors comme rappel. La HAS recommande que cette vaccination unique soit réalisée au moins trois et de préférence six mois après la guérison. Cette approche peut permettre d'économiser un grand nombre de vaccins, ce qui serait un avantage majeur avec les approvisionnements actuellement limités.

Pas approprié

Le Conseil supérieur de la Santé a examiné la pertinence, les avantages potentiels et la faisabilité d'une telle approche dans notre pays et est parvenu à la conclusion qu'il n'est actuellement pas approprié de modifier ses recommandations. «En l’absence de connaissances plus précises sur la nature de l’immunité post-infectieuse, il est préférable de se faire vacciner le plus tôt possible (soit 14 jours après la disparition des symptômes ou à la fin de la quarantaine), afin d’élargir le spectre immunitaire. De cette manière, on se construit une meilleure résistance aux variantes du virus (actuellement connue sous le nom de variantes sud-africaines ou brésiliennes). "

Le nombre de doses que nous économiserions par l'approche française ne l'emporte pas sur l'incertitude actuelle sur l'immunité des personnes déjà infectées.
Dirk Ramaekers
Chef du groupe de travail sur la vaccination

Sur la base de ces conseils, la Task Force a pesé le pour et le contre de l'approche française. Elle a décidé que le calendrier de vaccination actuel, avec l'administration de deux vaccins, devrait être maintenu. «Le nombre de doses que nous économiserions par l'approche française ne l'emporte pas sur l'incertitude actuelle sur l'immunité des personnes déjà infectées», explique le professeur Dirk Ramaekers, chef du groupe de travail sur la vaccination. "Afin de garantir un retour à la vie normale le plus rapidement possible, offrir une protection optimale au plus grand nombre d'habitants en Belgique reste notre objectif principal."

Variant britannique plus contagieux

Par ailleurs, le variant britannique du virus est non seulement plus contagieus que le virus COVID-19 original de Wuhan, mais assure également une infectivité plus longue. Le commissariat du gouvernement Corona l'a annoncé lors de sa séance d'information hebdomadaire sur les vaccins. Et cela peut affecter les mesures de quarantaine et de test.

"Il n'y a pas forcément une concentration plus élevée de la charge virale, mais une présence plus longue de la charge virale. Cela signifie que les mesures devront être reconsidérées en fonction d'une présence de charge virale plus longue", précise le vaccinologue Pierre Van Damme. Cela concerne, par exemple, une période plus longue entre le premier et le deuxième test PCR qui suit une infection.

Actuellement, la présence du variant britannique dans notre pays est d'environ 30 à 35%, contre 4% pour la variante sud-africaine et moins d'un demi-pour cent pour la variante brésilienne. "Nous prévoyons que la variante britannique deviendra dominante et passera bientôt à 50%. Nous regardons cela avec méfiance. D'une part parce que nous savons qu'elle est très contagieuse, mais d'autre part, cela pourrait aussi être un avantage écologique en repoussant les deux autres variantes », dit Van Damme.

Selon lui, arrêter le variant britannique n'est plus possible. Heureusement, les trois vaccins de Pfizer / Biontech, Moderna et AstraZeneca que notre pays utilise actuellement montrent une efficacité similaire contre la souche de Wuhan et la souche britannique.

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