La Belgique placée en confinement: tout ce qui change dans votre quotidien

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Déplacements strictement limités, rassemblements interdits, télétravail généralisé...: après la France, l'Italie ou l'Espagne, la Belgique renforce encore la lutte contre la pandémie de coronavirus. Des mesures valables jusqu'au 5 avril au moins.

La décision était dans l’air depuis quelques jours, elle est finalement tombée mardi soir: la Belgique entrera en confinement à partir de ce mercredi à midi jusqu’au 5 avril inclus. "Ce sont des décisions difficiles que nous n’avons pas prises à la légère. Mais c'est l’évolution de la situation qui nous y oblige", a justifié la Première ministre Sophie Wilmès, entourée des ministres-présidents des entités fédérées Elio Di Rupo (Wallonie), Jan Jambon (Flandre) et Pierre-Yves Jeholet (Communauté française). Pas de lockdown ou de verrouillage donc, le mot n’a pas été employé.

Concrètement, la population est invitée à rester confinée chez elle et tous les déplacements sont en principe interdits. À l’exception des courses alimentaires, rendez-vous médicaux, visites à la pharmacie, à la banque, à la Poste, soigner des proches malades, faire le plein de carburant.

L’activité physique individuelle, comme la marche, le vélo ou le jogging, reste autorisée. "Elle est même encouragée", a précisé Sophie Wilmès. On peut être accompagné de membres de sa famille vivant sous le même toit, ou d'un ami si on vit seul, mais en respectant les règles de "distanciation sociale", c’est-à-dire un mètre.

Par contre, tout rassemblement de personnes est interdit.

Télétravail

"Toutes les entreprises, indépendamment de leur taille, devront organiser le travail à domicile."
Sophie Wilmès

Les entreprises ne seront pas mises à l’arrêt pour autant. Mais elles devront fonctionner dans un cadre très strict. Toutes, indépendamment de leur taille, devront organiser le travail à domicile. Celles pour qui il n’est pas possible de fonctionner en télétravail pourront faire venir les travailleurs, à condition que les règles de "distanciation sociale" soient respectées, tant dans l’exercice du travail que dans le transport organisé par l’entreprise vers le lieu de travail.

Les entreprises qui ne peuvent pas apporter ces garanties devront fermer jusqu’au 5 avril, sous peine d’amendes "très lourdes", a prévenu Sophie Wilmès. En cas de récidive, l’entreprise sera purement et simplement fermée. Ces règles ne s’appliquent pas à certains "secteurs cruciaux et services essentiels". Les crèches, par exemple, resteront ouvertes.

Commerces

Au niveau des commerces, les magasins "non essentiels", comme les commerces de vêtements, seront fermés jusqu’au 5 avril. Les grandes surfaces resteront accessibles moyennant le respect de quelques règles: un client pour 10 m² et 30 minutes maximum pour faire ses courses.

Les livraisons à domicile et les magasins à emporter (take away) pourront continuer à fonctionner, de même que les librairies.

"L'activité physique est autorisée, elle est même encouragée."
Sophie Wilmès

Les magasins de nuit pourront rester ouverts jusque 22 heures. Les cafés, déjà fermés depuis la semaine dernière, sont invités à retirer leur mobilier de terrasse. Les salons de coiffure resteront ouverts mais pour un seul client à la fois.

Les transports en commun continueront de fonctionner, mais il est à nouveau demandé à chacun de respecter les règles de distanciation sociale.

Les frontières ne seront pas fermées mais les voyages à l’étranger qui ne sont pas considérés comme essentiels seront, eux, interdits.

Dernière précision utile, les parents qui ont la garde alternée pourront effectuer les déplacements nécessaires pour déposer ou récupérer leur enfant. "Nous ne voulons pas priver un parent de son enfant ou un enfant d’un de ses parents", a expliqué Sophie Wilmès.

Le police veille au grain

Les forces de l’ordre seront chargées de veiller au respect de ce dispositif. Des amendes administratives communales pourront être infligées aux contrevenants. La police pourra-t-elle affronter un tel défi? "Nous n’avons pas de problème de capacités", a rassuré le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V). "Nous disposons d’environ 50.000 policiers et il n’y a pas d’autres activités à encadrer, comme le football, les courses cyclistes, etc."

Le sens des responsabilités

"La distanciation sociale ne doit pas être synonyme de coupure sociale."
Sophie Wilmès

Le ton de la conférence de presse de la Première ministre n’était pas aussi martial que celui du Président français Emmanuel Macron, la veille. "Nous fixons un cadre et nous comptons sur le sens des responsabilités de chacun." Elle a aussi appelé à ne pas tomber dans le repli total. "La distanciation sociale ne doit pas être synonyme de coupure sociale. En 2020, nous avons les technologies qui permettent de rester en contact. On parle ici d’un éloignement physique et temporaire."

Quant à savoir si ce dispositif est susceptible d’être encore renforcé, la Première ministre n’a pas souhaité s’avancer. "Nous espérons qu’il sera suffisant, car ceci va déjà très loin."

Quoi qu’il en soit, la Belgique entre dans un ère totalement inédite.

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