La Belgique poursuit la vaccination avec AstraZeneca

Reste à voir ce que cette valse-hésitation européenne autour d'AstraZeneca aura comme conséquences concrètes sur le déroulé de la campagne de vaccination belge. ©REUTERS

Les ministres belges de la Santé ont tranché: le vaccin d'AstraZeneca continuera à être administré, jusqu'à nouvel ordre. Même si l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie ou les Pays-Bas ont appuyé sur "pause".

Il y avait, d'un côté, la pression politique. Venant de l'extérieur. Cela a commencé doucement, avec l'Autriche, le 8 mars, pour s'accélérer ensuite, avec un pic atteint ce lundi – un peu comme une épidémie, en somme. Allemagne, Danemark, Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège ou Pays-Bas: tous ont temporairement suspendu l'administration du vaccin d'AstraZeneca, en attente d'une analyse en provenance de l'Agence européenne des médicaments.

En cause? La formation de caillots de sang chez certaines personnes ayant reçu une dose, avec trois décès à la clef, en Autriche, en Italie et en Norvège – sans qu'aucun lien puisse encore être établi entre ces morts et la vaccination. Mais le principe de précaution l'a emporté un peu partout en Europe.

"Course contre la montre"

Il y avait, de l'autre côté, les arguments d'ordre plus scientifique. L'Organisation mondiale de la santé, qui, si elle réunit son groupe d'experts mardi, recommande, par la voix de sa cheffe scientifique, de poursuivre la vaccination. L'Agence européenne des médicaments, qui se fendra d'un avis jeudi, mais souligne en attendant que les avantages l'emportent toujours sur les risques. En Belgique, tant la task force vaccination que le Conseil supérieur de la santé ont tiré dans le même sens.

"L’incidence d’événements thrombo-emboliques rapportés dans la population vaccinée par AstraZeneca reste inférieure à l’incidence dans la population générale."
La task force vaccination

Quels sont les faits avancés? Que lors des essais cliniques, on a enregistré près de deux fois plus de cas de caillots dans le groupe des non-vaccinés que dans celui ayant été piqué à l'AstraZeneca. Que "les événements thrombo-emboliques sont des pathologies fréquentes" dans la population, soulignent les experts belges, et ce "d'autant plus que l'âge augmente". Or qu'observe-t-on? Que leur incidence dans la population vaccinée par AstraZeneca reste inférieure à celle dans la population générale.

Ceci encore: que l'on augmente davantage son risque de thrombose avec la pilule contraceptive qu'avec le vaccin d'AstraZeneca. Ou que parmi les complications fréquentes développées par les personnes atteintes du Covid, on trouve thromboses et embolies.

"AstraZeneca est un très bon vaccin qui protège contre une maladie terrible. La vraie catastrophe, c'est de ne pas utiliser les vaccins dont on dispose."
Frank Vandenbroucke
Ministre fédéral de la Santé

C'est ce qui explique que la Belgique n'a pas fléchi. "AstraZeneca est un très bon vaccin qui protège contre une maladie terrible", martèle le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke. En attendant le rapport européen, il serait "irresponsable" de mettre la campagne partiellement sur pause. Parce que "la balance 'coûts/bénéfices' penche largement en faveur d'AstraZeneca". Autant dès lors ne pas ralentir dans "cette course contre la montre", alors que "contaminations et hospitalisations repartent à la hausse".

La Suède et Chypre suspendent également l'utilisation du vaccin AstraZeneca

Ce mardi, la Suède et Chypre ont annoncé suspendre à leur tour le vaccin produit par AstraZeneca.
La Suède a annoncé mardi une suspension temporaire des injections du vaccin anti-Covid 19 développé par la société pharmaceutique à la suite de rapports dans certains pays faisant état d'effets secondaires suspectés, tels que des caillots sanguins chez des personnes qui ont été inoculées.

Par ailleurs, Chypre suspend également la vaccination avec le vaccin d'AstraZeneca, a indiqué mardi à la radio publique RIK un porte-parole du ministère chypriote de la Santé. En Suède, cette mesure est mise en place dans l'attente d'une analyse de l'Agence européenne des médicaments (EMA), le régulateur européen. "Il s'agit d'une mesure de précaution", a déclaré l'épidémiologiste Anders Tegnell, précisant que l'Agence suédoise des produits médicaux enquêtait également sur le vaccin de la société anglo-suédoise. À Chypre aussi, la mesure restera en vigueur jusqu'à ce que l'EMA se prononce.  

La Suède et Chypre s'alignent ainsi sur la décision prise par la France, l'Allemagne, les Pays-Bas e, l'Espagne, le Danemark, l'Italie, le Luxembourg, l'Islande, la Norvège et la Bulgarie.

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