La Belgique se donne trois jours pour statuer sur Johnson & Johnson

Pour l'heure, en Belgique, aucune dose de Johnson & Johnson n'a encore été injectée. D'ici vendredi, on attend l'avis du Conseil supérieur de la santé et de la task force vaccination sur l'affection optimale des différents vaccins dont dispose le pays. ©BELGA

L'Agence européenne des médicaments insiste: les bénéfices de ce vaccin excèdent les risques... Mais elle reconnaît la formation de caillots sanguins comme effet secondaire très rare.

C'était supposé être le "facile" de la bande. Technologie "classique", facilité de conservation et dose unique, ce qui pouvait lui ouvrir la porte des cabinets de médecins généralistes. Le vaccin "idéal", presque, ce Johnson & Johnson.

8
cas
L'Agence européenne des médicaments fait savoir que 8 cas de formations de caillots sanguins inhabituels, associés à un faible taux de plaquettes, ont été rapportés aux États-Unis, où plus de 7 millions de personnes ont déjà reçu la dose unique de Johnson & Johnson.

Sauf que certains voyants lumineux clignotaient depuis un petit temps. Ainsi, dans les études cliniques, un premier cas de formation de caillots sanguins inhabituels associés à un faible taux de plaquettes avait été identifié. Et alors que l'Agence européenne des médicaments se penchait au chevet de l'AstraZeneca, il y a deux semaines de cela, elle indiquait déjà l'existence de trois cas présentant des similarités avec les caillots liés à la vaccination avec AstraZeneca.

"Effet secondaire très rare"

Eh bien, deux semaines plus tard, le compteur totalise à présent huit cas, dont un mortel. Sur plus de sept millions de personnes vaccinées aux États-Unis, rappelle tout de même l'Agence pour qui il ne fait aucun doute: tout comme pour l'AstraZeneca, les bénéfices de la vaccination au moyen de Johnson & Johnson surpassent largement les risques, au vu de la dangerosité du coronavirus.

"S'il existe des similarités entre les cas, il est trop tôt pour en tirer des conclusions."
L'Agence européenne des médicaments

Mais oui, reconnaît l'Agence: il existe un lien potentiel entre l'administration de ce vaccin et la formation de ces caillots, qui doivent donc être considérés comme "un effet secondaire très rare". Et même si la plupart des cas concernaient des femmes de moins de soixante ans, il n'est pas encore possible de déterminer de facteur de risque pertinent. Le doute plane toujours sur l'explication de ce phénomène, même si l'une des pistes privilégiées reste celle d'une réponse immunitaire au vaccin.

Reprise des livraisons

Et si les dossiers AstraZeneca et Johnson & Johnson présentent "des similarités", il est "trop tôt" pour en tirer des conclusions, avertit l'Agence européenne des médicaments. "Parce qu'il existe également des divergences. Au niveau de la protéine 'spike', mais aussi du vecteur viral, humain pour Johnson & Johnson, emprunté au chimpanzé pour AstraZeneca.

"Aucune dose de Johnson & Johnson n'a encore été injectée en Belgique et aucune invitation impliquant ce vaccin n'a été lancée."
La task force vaccination

En attendant, puisque l'Agence européenne ne voit pas d'obstacle à l'injection du vaccin produit par Janssen, à condition que la notice soit adaptée et reprenne un avertissement relatif à ces incidents thrombo-emboliques inhabituels, Johnson & Johnson a annoncé ce mardi soir reprendre ses livraisons à destination de l'Europe. Livraisons que l'entreprise pharmaceutique avait elle-même interrompues, en attendant le verdict européen.

Et en Belgique?

Quelles seront les répercussions en Belgique, où le démarrage de la vaccination avec Johnson & Johnson, prévu fin de semaine dernière, a été postposé, laissant les 36.000 premières doses livrées au frigo? La question ne doit pas être tranchée dans l'heure, fait valoir la task force "vaccination". "Parce qu'aucune dose n'a encore été injectée – d'ailleurs nous n'en avons reçu que 36.000 – et qu'aucune invitation impliquant ce vaccin n'a été lancée."

5
millions de doses
Le vaccin de Johnson & Johnson constitue le second pilier de la stratégie belge de vaccination, derrière Pfizer et devant AstraZeneca. La Belgique en a commandé 5 millions de doses, contre 15 millions de Pfizer et 7,5 millions d'AstraZeneca. Sachant que Johnson & Johnson ne nécessite qu'une seule dose, au contraire des autres vaccins, qui fonctionnent avec une double injection.

Pas urgentissime, mais de taille, puisque le vaccin de Johnson & Johnson constitue, avec son potentiel de cinq millions de personnes vaccinées, le second pilier de la stratégie belge, derrière Pfizer mais devant AstraZeneca. Quel serait, dès lors, l'impact d'une restriction de l'usage de ce vaccin, comme c'est temporairement le cas pour l'AstraZeneca?

Il est trop tôt pour le dire. Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, a demandé au Conseil supérieur de la santé et à la task force vaccination de plancher, d'ici vendredi 17 heures, sur "l'affectation optimale" des différents vaccins dont dispose la Belgique.

Le résumé

  • L'Agence européenne des médicaments a tranché ce mardi. Oui, la formation de caillots sanguins inhabituels peut être considérée comme un effet secondaire très rare du vaccin Johnson & Johnson.
  • N'empêche: ses bénéfices restent nettement supérieurs aux risques.
  • Que va faire la Belgique, qui a commandé 5 millions de doses Johnson & Johnson?
  • On attend l'avis du Conseil supérieur de la santé et de la task force vaccination d'ici vendredi après-midi.

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