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La Belgique soutiendra le plan de relance européen

"L'idée du plan est de soutenir les pays les plus fragiles, comme l'Italie, qui constituent d'importants débouchés pour notre commerce extérieur", selon le cabinet du ministre belge des Affaires européennes, Koen Geens. ©Photo News

Tandis que notre pays ne recevra "que" 5,48 milliards d'euros sur les 750 que prévoit le plan, le ministre des Affaires européennes, Koen Geens, estime que la Belgique a tout à gagner d'une relance de l'économie européenne.

Le ministre belge des Affaires européennes, Koen Geens (CD&V), a réagi positivement au plan de relance de l'économie européenne à 750 milliards dévoilé ce mercredi par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (PPE, CDU).

"La Belgique est satisfaite de la proposition de la Commission. Ce plan est important pour la cohérence et l'unité de l'Europe. Nous le soutiendrons", explique une porte-parole de Koen Geens.

Le plan "Next Generation EU" est avant tout destiné à relancer l'économie des États européens dont le PIB a le plus souffert de la pandémie de Covid-19. Selon la clé de répartition de la Commission, l'Italie recevrait plus de 172 milliards d'euros et l'Espagne 140 milliards. La France, le quatrième principal bénéficiaire, devrait se contenter de 38,7 milliards de subventions

La logique du plan n'est pas de favoriser les pays les plus riches. La Belgique, où la pandémie a causé un nombre très important de décès, ne recevrait que 5,48 milliards d'euros. C'est moins que les Pays-Bas (6,7 milliards), qui ont pourtant moins souffert que notre pays. Ce montant place la Belgique à la quinzième place, juste avant la Suède (4,6 milliards) et l'Autriche (4 milliards). 

Pour de nombreux observateurs, il faut tenir compte des effets indirects du plan. "Ne voir que le montant est un calcul pervers, il faut avant tout réfléchir aux bénéfices que la Belgique reçoit du marché européen. Notre pays vit de l'exportation. Dans une Europe appauvrie, il y perdrait aussi", explique l'eurodéputée Marie Arena (S&D).

C'est aussi l'avis du ministre Koen Geens. "L'idée du plan est de soutenir les pays les plus fragiles, comme l'Italie, qui constituent d'importants débouchés pour notre commerce extérieur", ajoute la porte-parole. 

Vers d'intenses négociations

Le plan doit encore être avalisé par les États de l'UE. Le président du Conseil européen, Charles Michel, a appelé les Vingt-Sept à s'accorder sur la proposition de la Commission lors du sommet du 19 juin.

"Tout devrait être fait pour parvenir à un accord avant les vacances d'été. Nos citoyens et nos entreprises ont été fortement touchés par la pandémie. Ils ont besoin de secours ciblés sans délai", a déclaré l'ancien Premier ministre belge après l'annonce du plan.

Le plan bénéficie du soutien de la France et l'Allemagne, le "moteur de l'Europe". Le président français Emmanuel Macron a salué "un jour essentiel pour l'Europe". Mais la tâche ne sera pas facile, car quatre pays dits "frugaux" (Danemark, Pays-Bas, Autriche et Suède) font de la résistance.

Le Parlement européen salue le plan

Ursula von der Leyen avait réservé les détails de son plan en priorité au Parlement européen. La majorité des groupes politiques ont bien accueilli la proposition.

"C'était impensable il y a trois mois, affirme l'eurodéputée Hilde Vautmans (Renew Europe, Open Vld). La proposition de la Commission est à la fois ambitieuse, durable et tournée vers l'avenir."

"Donner une capacité d'emprunt à l'UE va ouvrir de nouvelles portes."
Philippe Lamberts
Coprésident des Verts européens

Les Verts, dans l'opposition, y sont aussi favorable: "Nous soutenons le plan. Donner une capacité d'emprunt à l'UE va ouvrir de nouvelles portes, selon leur coprésident, Philippe Lamberts. Mais la valeur est insuffisante, même si elle n'est pas négligeable. Et il ne faut pas que le processus échappe au contrôle du Parlement européen, nous voulons des garanties à ce niveau". 

Les démocrates-chrétiens, la famille politique d'Ursula von der Leyen, ont apporté leur soutien, de même que les socialistes.

Le député allemand d'extrême droite, Jörg Meuthen (ID, AfD), a qualifié le plan "d'économie vaudou".

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