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La Belgique tombe le masque en ordre dispersé

En octobre, c'est le grand retour des boîtes de nuit. À condition de brandir son covid safe ticket à l'entrée. ©Photo News

En Flandre, à partir d'octobre, le masque ne sera plus obligatoire dans les commerces, les entreprises ou les restaurants. La Wallonie ira moins loin tandis qu'à Bruxelles, rien ne change.

On a vu deux Alexander De Croo (Open Vld), à la sortie du Comité de concertation de ce vendredi. Un Premier ministre qui rit et se félicite du taux de vaccination affiché par la Belgique: 84% des adultes entièrement protégés. "Si autant de gens ne s'étaient pas vaccinés, on n'aurait pas pu envisager les décisions de ce jour."

Après le fameux "plan été" ayant balisé les derniers mois, la Belgique se sent à même de franchir une nouvelle étape. À partir du 1er octobre, l'obligation du port du masque tombe un petit peu partout, à l'exception des lieux sensibles du fait de la promiscuité qui peut y régner ou de la présence de personnes plus vulnérables. À savoir les transports en commun, gares et aéroports. Les établissements de soins. Les métiers de contact. Et enfin les événements de masse rassemblant plus de 500 personnes à l'intérieur.

Un "socle fédéral"

Sinon, le masque tombe. Dans les commerces, entreprises, restaurants et "petits" événements. Malgré l'avis négatif des experts. Et presque pile un an après le virage raté de la rentrée 2020, abordée avec trop de légèreté.

"Cette épidémie devient une épidémie de personnes non vaccinées. Responsables de règles plus strictes à certains endroits. Mettant en danger leur propre vie et celle des autres. Personne n'a le droit de mettre autrui en danger. Ce n'est pas défendable."
Alexander De Croo
Premier ministre

Mais attention, ceci constitue le "socle fédéral", chaque région pouvant prendre, au besoin, des mesures supplémentaires. Parce que la couverture vaccinale n'est pas aussi épaisse partout. Et c'est là que l'on retrouve un Alexander De Croo plus remonté que jamais. "Cela se voit dans les hôpitaux: cette épidémie devient une épidémie de personnes non vaccinées. Responsables de règles plus strictes à certains endroits. Mettant en danger leur propre vie et celle des autres, surtout en cette période de l'année. Personne n'a le droit de mettre autrui en danger. Ce n'est pas défendable."

Dans le viseur, Bruxelles évidemment. "Où près de la moitié de la population n'est pas vaccinée. Ce n'est ni tenable, ni acceptable." Bruxelles, mais pas les équipes en charge de la vaccination, "qui effectuent un travail exceptionnel". La difficulté à convaincre le passant, le Premier a pu l'appréhender en personne. Bruxelles, mais pas seulement, ajoute le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit), qui voudrait toutefois éviter de passer pour l'éternel donneur de leçons. "À Liège et à Anvers, c'est trop faible! Et autour de Bruxelles, à Malines, Vilvorde ou Zaventem, il y a encore des efforts à fournir."

À Bruxelles, on ne touche à rien

Place aux disparités régionales, donc. Nous ne sommes pas en Belgique pour rien. En Flandre, assure le grand patron Jan Jambon (N-VA), on ne devrait ajouter aucune couche à ce socle fédéral. Par contre, le gouvernement étudiera tout de même la possibilité d'étendre, ou non, l'usage de ce fameux covid safe ticket, ce pass sanitaire qui souhaitait ne pas ressembler à un pass sanitaire.

En Wallonie, on attend que se prononce le gouvernement, dans les jours qui suivent. Même si l'on voit déjà vers où penche le cœur du ministre-président Elio Di Rupo (PS). "Le Codeco a fait preuve d'optimisme. Pour ma part, je plaide pour la prudence et le port du masque dans les endroits où, à l'intérieur, se mêlent personnes vaccinées et non vaccinées. Et à l'extérieur, en cas de grande densité."

"Pas question de devoir faire demi-tour alors que l'on arrive justement au bout du tunnel."
Pierre-Yves Jeholet (MR)
Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles

La Fédération Wallonie-Bruxelles est sur la même ligne. Le port du masque restera de mise dans les universités et les hautes écoles, assure Pierre-Yves Jeholet (MR). "Pas question de devoir faire demi-tour alors que l'on arrive justement au bout du tunnel."

Et dans la capitale? C'est très simple, résume le ministre-président Rudi Vervoort (PS). En août, la situation bruxelloise ne permettait pas le moindre assouplissement. Alors, oui, "elle s'est améliorée, mais pas suffisamment". Concernant le port du masque, "il est évident que nous allons le maintenir". Seule chose qui change: l'introduction du pass sanitaire dès le mois d'octobre, dans toute une série de secteurs.

Let's dance!

Ah non, on allait oublier. Octobre, c'est le grand retour de la danse dans les cafés. Et des boîtes de nuit, aussi bien à Bruxelles que dans le reste du pays, à condition de brandir un pass sanitaire à l'entrée. Et une attention particulière accordée à la ventilation, tout comme dans les restaurants et une série d'autres secteurs.

"Le cadre sera clairement établi, assure Frank Vandenbroucke, qui espère par ailleurs avancer rapidement sur la vaccination obligatoire du personnel de santé. Et si certains seuils sont dépassés, il faudra mettre en place des actions alternatives. Dans un premier temps, les contrôles prendront la forme d'un coaching. Mais à un moment, si la qualité de l'air n'y est pas, on pourra aller jusqu'à la fermeture."

Le résumé

  • La Flandre la voulait et l'a obtenue: l'abolition du port du masque généralisé à partir d'octobre.
  • C'est, du moins, le "socle fédéral" que Bruxelles (c'est sûr) et la Wallonie (sans doute) vont agrémenter de mesures plus restrictives.
  • Octobre signe également le grand retour des discothèques.
  • Et des avancées sur les normes de ventilation ainsi que la vaccination obligatoire du personnel soignant.

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