La biotech wallonne Univercells veut prendre part à la lutte contre le coronavirus

Univercells a mis au point une plateforme et des bioréacteurs disruptifs pour la production à bas prix de vaccins et de vecteurs pour les thérapies géniques. ©Kristof Vadino

La société carolo vient de racheter l’ancien site de Systemat à Jumet pour le transformer en unité de production de vaccins à bas prix. La crise du coronavirus lui offre des opportunités supplémentaires.

D’ici moins de deux ans, la Wallonie comptera un nouveau producteur de vaccins: la société Univercells, qui vient de racheter les anciens bâtiments de Systemat à Jumet, compte transformer ce site industriel de 15 000 m² situé près de l’aéroport de Gosselies en un centre de production de vaccins essentiels et insuffisamment disponibles.

La biotech carolo, présente également à Nivelles, a mis au point une plateforme et des bioréacteurs disruptifs pour la production à bas prix de vaccins et de vecteurs pour les thérapies innovantes. Des instrument qui ont été développés notamment avec le soutien de la Fondation Gates, qui a octroyé par le passé trois subventions à l’entreprise.

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Grâce au support de la cellule Catch et à plusieurs coups de pouce financiers récents - un prêt de 20 millions d'euros de la Banque européenne d'investissement, un leasing de Sambrinvest et un subside de la Région wallonne -, la biotech dispose maintenant des installations nécessaires pour démarrer en 2022 la production de vaccins contre la polio, la rougeole, la rubéole ainsi que la rage. Des produits qu’Univercells ne commercialisera pas dans les pays développés - où les besoins sont couverts -, mais qui seront fournis à des institutions comme l’Unicef ou Gavi, une organisation internationale qui vise à assurer aux enfants vivant dans les pays les plus pauvres un meilleur accès aux vaccins.

Le site de Jumet, qui vient d'être racheté par Univercells. ©Dieter Telemans

Jusqu’il y a deux ou trois mois, cette volonté de fournir des vaccins à bas prix était au cœur du plan stratégique d’Univercells, qui entend également élargir le portefeuille de ses vaccins, se lancer dans la production de vecteurs viraux pour des thérapies cellulaire et génique et assurer, via une société séparée soutenue par l’américain KKR, l'industrialisation de sa plateforme révolutionnaire.

Coronavirus

Mais la crise du coronavirus est quelque peu venue chambouler ce schéma déjà fort ambitieux pour une société créée en 2013. Fondateur de l’entreprise avec le scientifique José Castillo, le CEO Hugues Bultot entend désormais aussi positionner Univercells comme acteur de première ligne pour le développement de vaccins et de traitements contre le coronavirus qui est en train de mettre à mal l'économie mondiale. "Les grands acteurs du secteur ne sont pas positionnés sur les candidats vaccins contre le coronavirus", fait valoir le patron de la société. "Pour une société comme Univercells, qui a des partenariats à travers le monde, cela représente une opportunité de faire partie de cette nouvelle vague d’entreprises qui vont reprendre le flambeau et trouver des solutions pour les maladies infectieuses. Nous n’avons pas tout en interne, mais ce qu’on fait depuis quatre ans et les contacts que nous avons dans le monde nous permettent d’activer les compétences là où elles sont".

" Nos capacités de production à faible coût intéressent beaucoup de monde"
Hugues Bultot
CEO d'Univercells

Concrètement, Univercells ambitionne de présenter des solutions pour les dossiers qui se profilent dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. "Nos capacités de production à faible coût intéressent beaucoup de monde. Mais on peut aussi essayer de monter des dossiers de candidats vaccins", continue Hugues Bultot.

L’entreprise a déjà identifié six candidats, trois américains et trois européens. Elle pourra aider les premiers en tant que prestataire de services, en mettant à leur disposition sa capacité de développement de processus, ainsi qu’éventuellement sa capacité de production.

"Pour les Européens, qui sont des laboratoires universitaires ou des instituts, on va se positionner comme représentant de consortiums pour lever des fonds non dilutifs pour faire avancer ces candidats vaccins et envisager une collaboration sur la production", souligne encore le CEO.

Une biotech en construction

Pour Hugues Bultot, le fait qu’Univercells n’ait pas encore démarré elle-même sa production à Jumet ne sera pas un problème. "Objectivement, conclut-il, personne ne nous fait la remarque. Le monde a fait face de façon très sereine au fait qu’il n’y a pas de candidats établis qui se présentent. Même le laboratoire allemand CureVac (qui aurait fait l’objet de visées américaines, NDLR) est une biotech en construction. Il y aura des leaders qui vont prendre les rênes du développement d’un vaccin contre le Covid-19 et qui s’imposeront. La BEI et la Fondation Gates nous considèrent comme un partenaire fiable pour la production de vaccins. Ce qui nous permet d’attirer des partenaires qui croient en nous".

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