analyse

La campagne de vaccination est lancée, à quand un relâchement des mesures?

La campagne de vaccination a été lancée dans trois maisons de repos du pays ce lundi. ©AP

La campagne de vaccination a été symboliquement lancée en Belgique. Peut-on espérer voir rapidement un changement dans nos modes de vie grâce à ce vaccin anti-Covid? L'immunologiste Michel Goldman (ULB) analyse la situation.

Le démarrage de la campagne de vaccination ce lundi est symbolique. Trois maisons de repos du pays, une dans chaque Région, sont concernées. Il faudra attendre le 5 janvier prochain pour le début officiel de la campagne.

Le premier groupe prioritaire concerne les résidents et le personnel des établissements d'hébergement pour personnes âgées, suivis des institutions collectives de soins. On sait que les maisons de repos ont été durement touchées par le Covid, en termes de mortalité et parce que les mesures de précaution et les visites limitées pèsent très fort sur la vie des pensionnaires. Cela va-t-il rapidement changer? C'est une question de mois, pas de jours.

Un printemps plus libre

"J'espère que dans le courant du mois de mars, le gouvernement puisse relâcher certaines mesures."
Michel Goldman
Professeur d'immunologie médicale à l'ULB

La vaccination en centres de soins concerne quelque 100.000 personnes. "Si, en maison de repos, tout le monde a reçu un cycle de vaccination fin février, l'essentiel de ces personnes devraient être protégées des formes les plus graves de la maladie en mars et on devrait voir dès ce moment un impact sur les hospitalisations et les décès", analyse Michel Goldman, professeur d'immunologie médicale à l'ULB. "Pour autant que les gens restent raisonnables durant les fêtes et que les indicateurs continuent à évoluer favorablement, j'espère vraiment que dans le courant du mois de mars, le gouvernement puisse relâcher certaines mesures."

Alors, à quand la réouverture des coiffeurs, des autres métiers de contact, du secteur horeca, des salles de sport, de la culture? L'équation est compliquée. "Il faut d'une part que la tendance à la diminution des cas se confirme et d'autre part il faudra que les résultats des études cliniques vaccinales se vérifient dans la vraie vie. Tout indique qu'on peut être optimiste", signale Michel Goldman, qui rappelle qu'il faudra aussi vérifier l'impact du vaccin sur la transmission du virus. " Il y a des indications dans ce sens, mais la preuve définitive doit encore être apportée."

L'effet des indicateurs en baisse

L'immunologiste de l'ULB espère donc un impact de la campagne de vaccination sur la vie des Belges pour le printemps. "Il sera essentiel à ce moment que l'ensemble de la population adhère à la stratégie. Il faut dès maintenant préparer les arguments pour répondre à ceux qui affirmeront que la régression de la pandémie s'observait déjà avant l'arrivée des vaccins."

En effet, ce lundi, à l'ouverture de la campagne, le nombre moyen d'infections quotidiennes au Sars-Cov-2 baissait, pour le troisième jour d'affilée. Les admissions à l'hôpital et décès diminuaient aussi.

Combien de doses, et quand?

"Je pense vraiment qu'on va passer d'une situation avec une maladie qui fait des ravages et entraîne une mortalité importante à une situation comparable à celle de la grippe."
Michel Goldman

Le deuxième groupe prioritaire concerne les professionnels des soins (dans les hôpitaux et ceux de première ligne), sans doute à partir de mars. Puis, ce sera au tour des plus de 65 ans, des personnes âgées entre 45 et 65 ans avec comorbidités, etc. Mais le déroulement de la campagne, et donc les relâchements qui devraient en découler, dépendra aussi du nombre de doses disponibles, avec toujours une inconnue autour du vaccin d'AstraZeneca/Oxford, dont la Belgique a commandé 7,7 millions de doses, mais qui a nécessité une étude supplémentaire. Les vaccins de Johnson & Johnson, qui ne demandent qu'une seule injection, sont également attendus, de même que celui de Curevac.

"Malgré ces incertitudes, j'espère que pour l'été, la situation sera bien différente. Je pense vraiment qu'on va passer d'une situation avec une maladie qui fait des ravages et entraîne une mortalité importante à une situation comparable à celle de la grippe. Mais plusieurs changements de notre mode de vie persisteront. On voyagera sans doute moins, le télétravail restera plus répandu..."

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