La CEO de la SNCB menace de suspendre les trains vers la Côte

Nombreux étaient ceux à vouloir profiter du beau temps en se rendant à la Côte ces derniers jours. Ce qui a posé un problème d'affluence dans les gares et dans les trains, comme ce fut le cas à la gare du Midi mercredi. ©Photo News

Le gouvernement doit revoir sa règle "fenêtre", exige la CEO de la SNCB. Sinon, les trains vers la Côte pourraient être supprimés. Le ministre Gilkinet ne cède pas.

Sophie Dutordoir, la CEO de la SNCB, menace le gouvernement de mettre à l'arrêt le trafic des trains vers les gares de la Côte si les autorités ne revoient pas leurs plans, selon Sudpresse et Le Soir.

La règle de la fenêtre, fixée lors du dernier Comité de concertation, pose clairement problème. Du samedi 3 au dimanche 18 avril et le week-end des 24 et 25, les voyageurs à partir de 12 ans qui prennent le train vers la Côte ne pourront occuper que les sièges jouxtant les fenêtres. De la sorte, les trains ne seraient remplis qu'à environ 50% de leur capacité. La mesure est valable pour les gares de la Côte et seulement pour le voyage aller. Mais comment la faire respecter alors que les accompagnateurs de train ne sont pas des policiers?

"Les accords pris sous la coordination du Centre national de crise et la conjugaison des efforts entrepris jusqu'à présent par toutes les parties ne suffisent pas à endiguer I'afflux de voyageurs."
Sophie Dutordoir
CEO de la SNCB

La lettre de Sophie Dutordoir

Sophie Dutordoir a écrit au Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), à la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) et au ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Écolo). "Comme souligné à de très nombreuses reprises, la mise en œuvre des dernières décisions du Comité de concertation placera la SNCB dans une situation qui, sans prise d'autres mesures urgentes et contraignantes de la part des autorités publiques, risque de devenir ingérable", dit-elle.

"La situation observée sur le terrain au cours des dernières heures démontre que les accords pris sous la coordination du Centre national de Crise et la conjugaison des efforts entrepris jusqu'à présent par toutes les parties (pour I'essentiel, les forces de l'ordre, les autorités locales et la SNCB) ne suffisent pas à endiguer I'afflux de voyageurs."

"C'est la décision prise par le Codeco, on va l'appliquer avec des renforts d'agent Securail."
Georges Gilkinet
Ministre de la Mobilité

Elle demande au gouvernement de se positionner: "Prendre une décision d'urgence visant à: soit autoriser la SNCB, au besoin et après concertation avec le Centre de crise, à mobiliser la totalité de sa capacité nominale de transport, par la levée des mesures de limitation qui prévalent pour les destinations touristiques, soit introduire une mesure urgente d'ordre public afin de limiter strictement les déplacements en train vers la Côte".

Georges Gilkinet répond

Si le gouvernement ne réagit pas favorablement à l'une des deux demandes, la patronne de la SNCB agite l'option d'une mise à l'arrêt du trafic vers les destinations visées, même si elle dit vouloir éviter cette piste à tout prix.

Le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet a répondu à la CEO de la SNCB ce jeudi matin, sur Bel RTL. "La mesure est très difficile à mettre en œuvre pour les accompagnateurs", a-t-il admis. Mais il reste sur la position du Comité de concertation. "C'est la décision prise par le Codeco, on va l'appliquer avec des renforts d'agent Securail."

Interrogé en séance plénière à la Chambre, le ministre a aussi évoqué la possibilité de prévoir davantage de trains vers la mer, et a annoncé qu'un système permettant d'estimer la capacité des trains va être testé. Il a aussi chargé le SPF mobilité d'étudier la possibilité d'un système de réservation. Et à plus court terme, il encourage les voyageurs à envisager d'autres destinations que la côte.

Ce n'est pas la première fois que le torchon brûle entre Sophie Dutordoir et Georges Gilkinet. La première avait accusé le second de "rupture de confiance" lors de l'annonce de la fermeture de 44 guichets de gare, à laquelle le ministre disait s'opposer.

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