La circulation du virus ralentit à Anvers mais continue d'augmenter à Bruxelles

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Au niveau national, la croissance du virus ralentit grâce aux nouvelles mesures, mais les nouveaux cas continuent d'augmenter à Bruxelles et dans certaines zones de Wallonie.

Les chiffres des sept derniers jours montrent qu'au niveau national, on est passé du doublement des cas de coronavirus à une augmentation de 50% par semaine. Cette fluctuation est cependant fort variable selon la région: dans la province d'Anvers, cette hausse est même ramenée à 10%, très probablement sous l'effet des nouvelles mesures. On observe également une baisse des moyennes en Flandre occidentale et au Limbourg. Mais en Région de Bruxelles-Capitale, il y a une augmentation soutenue de 150% par semaine. À Liège et Namur, la circulation du virus augmente aussi de semaine en semaine.

La partie immergée de l'iceberg davantage visible

La situation actuelle n'est cependant pas aussi dramatique que lors de la première vague, on le voit au niveau des hospitalisations et des décès. Mais le constat montre un grand nombre de cas confirmés. Nous voyons une portion bien plus importante de l'iceberg qu'en mars, notamment grâce à une augmentation de la capacité de testing et de recherche des contacts. "L'augmentation est cependant bien réelle, elle n'est pas juste liée à l'augmentation des tests", souligne la porte-parole interfédérale du centre de crise Frédérique Jacobs. L'augmentation de la proportion des tests positifs montre bien que le virus circule davantage. Rappelons aussi que le virus est tout aussi dangereux qu'il l'était en mars et pourrait entraîner les mêmes problèmes si on le laisse circuler.

La lutte contre le virus nécessite donc une approche intégrée: un mélange de différentes mesures dont la somme des effets est plus importante que les mesures prises séparément. Il y a ici d'une part le respect des règles de base (distance sociale, limitation des contacts étroits, port du masque) et d'autre part la détection rapide et l'isolement des personnes infectées et de leurs contacts. "Nous devons faire des tests rapidement, facilement, ils doivent être accessibles aux personnes qui en ont vraiment besoin."

Des priorités de testing en fonction du stade épidémiologique

"La Belgique a désormais développé une grande capacité de tests, elle est en peloton de tête des pays européens, après le Danemark et le Portugal", explique Frédérique Jacobs. "Nous réalisons entre 20.000 et 25.000 tests par jour mais nous possédons une capacité de 30.000 tests par jour. L'automne et l'hiver seront cependant plus difficiles car d'autres virus circuleront, entraîneront des rhumes et des syndrômes grippaux. On ne pourra alors distinguer le Covid-19 qu'avec des tests. Nous estimons entre 50.000 et 70.000 tests par jour notre capacité au plus fort de l'épidémie, entre janvier et mars."

30.000
tests
Capacité actuelle par jour pour tester des personnes au Covid-19.

La Commission ministérielle a posé les bases pour la stratégie de dépistage belge, qui nécessite une approche coordonnée. Elle a fixé des priorités claires pour déterminer les personnes qui doivent être testées en fonction du stade de l'épidémie. En cas de diminution du nombre de tests, le dépistage des catégories moins prioritaires n'aura pas lieu.

Lors du stade 1, le virus circule peu, on observe moins de 15 cas sur 100.000 habitants pour 2 semaines. On peut réaliser des tests approfondis sur des personnes présentant des symptômes. Lors du stade 2, le virus circule davantage, il y a entre 15 et 50 cas sur 100.000 habitants. Les indications seront modifiées: les voyageurs revenant d'une zone orange ne seront plus testés.

Le stade 3 correspond à plus de 50 cas sur 100.000 habitants, il s'agit d'une circulation intense du virus. Les voyageurs de retour de zone rouge ne seront plus testés mais invités à se mettre en quarantaine. Les contacts à haut risque ne seront testés qu'une seule fois au lieu de deux. Lorsqu'une commune entre en phase 3, le personnel des centres de soins résidentiels sera dépisté une fois par mois. Le dépistage préventif en absence de symptômes ou d'épidémie au sein d'une entreprise n'est pas recommandé à ce stade.

Les laboratoires cliniques sont par ailleurs invités à élargir leur capacité de testing et à s'envoyer leurs échantillons entre eux en cas de pénurie des réactifs. Attention, un test négatif ne garantit pas que la personne n'est pas infectée, on peut être porteur mais un test peut rester négatif pendant les premiers jours de l'infection.

Les barbecues et fêtes vivement déconseillés

Avec la canicule de ces jours-ci, faire des barbecues entre amis ou en famille, organiser des fêtes ou aller prendre un verre en terrasse est tentant. "Ces activités sont trop risquées dans les circonstances actuelles, elles créent des ponts entre nos bulles de contact. Nous vous invitons donc à répondre par la négative à telles invitations et être responsables", appelle le porte-parole Antoine Iseux.

Les mesures ont en outre eu un coup psychologique sur la population, il faut veiller à ce que cet impact psychologique reste passager. Il faut donc porter attention à notre santé mentale, ne pas hésiter à en parler et ne pas se noyer dans l'information qui circule.

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