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La crise du coronavirus blesse gravement Le Pain Quotidien

Le Pain Quot veut vendre sa filiale britannique. Et aux Etats-Unis, il s'apprête à fermer de nombreux magasins. ©Tim Dirven

La filiale britannique de la chaîne de boulangerie belge souffre énormément de la crise du coronavirus, à tel point que la maison mère envisage de la vendre. La situation n’est guère plus brillante aux Etats-Unis, où elle réduit la voilure et licencie du personnel.

Ces dernières semaines, la crise du coronavirus et les mesures de confinement ont vidé tous les centres-villes de la planète. Le secteur de l’horeca est particulièrement touché et la célèbre chaîne de boulangerie belge ne fait pas exception.

Lundi, la chaîne de télévision britannique Sky a révélé que la filiale anglaise du Pain Quotidien était sur le point de nommer un administrateur provisoire et cherchait un repreneur. Une information confirmée par nos sources: on parle même de mercredi comme date butoir pour la remise des offres.

"La filiale britannique est exsangue. Il a été demandé aux managers locaux de trouver une solution."

"La filiale britannique est exsangue et confrontée à une série de frais fixes et semi-variables, alors qu’elle n’engrange plus aucun revenu. Il a été demandé aux managers locaux de trouver une solution", explique un proche du dossier. Selon la presse locale, le consultant Alvarez & Marsal a été mandaté pour organiser les enchères. Si ce processus n’aboutit pas, le consultant pourrait être nommé curateur.

Le Pain Quotidien gère 26 points de vente au Royaume-Uni. D’après les chiffres les plus récents, l’entreprise réalisait un chiffre d’affaires de 38 millions de livres sterling (44 millions d’euros) par an avec un résultat net déficitaire de 700.000 livres sterling. Le groupe belge emploie près de 500 personnes au Royaume-Uni.

Loyers élevés 

Le positionnement du Pain Quotidien en tant que chaîne de luxe installée dans des endroits "premium" pèse depuis longtemps sur ses résultats financiers. Pour l’exercice 2018, le chiffre d’affaires a augmenté de 5% pour atteindre 316 millions de dollars, mais le groupe s’est retrouvé dans le rouge (-24,4 millions de dollars), à cause de la forte hausse des frais administratifs, d’exploitation et de location.

26 points de vente
La filiale britannique est à vendre
La filiale britannique du Pain Quotidien, qui gère 26 points de vente, se cherche un repreneur.

Dans d’autres pays également, le groupe a dû prendre des mesures drastiques. Selon la presse locale, la chaîne belge a licencié 2.000 collaborateurs et la plupart des employés du siège social américain. Et d'après le New York Post, le groupe s’apprête à fermer définitivement de nombreux points de vente aux Etats-Unis.

Mauvais timing 

La crise du coronavirus ne pouvait pas plus mal tomber pour Le Pain Quotidien et son actionnaire principal Cobepa. La société belge d’investissement – détenue à plus de 50% par la famille de Spoelberch, actionnaire historique d’AB InBev – examine depuis l’an dernier avec les autres actionnaires plusieurs options pour renforcer la chaîne de boulangerie belge, ce qui pourrait se traduire par une refonte en profondeur de son actionnariat.

Aucun élément de cette refonte n’est connu pour l’instant: la chaîne sera-t-elle cédée en totalité ? Un deuxième actionnaire de référence rejoindra-t-il Cobepa? Quels actionnaires minoritaires sont susceptibles de sortir et qui – en cas d’injection de capitaux frais – verrait sa participation se diluer?

La chaîne de boulangerie et de restaurants avait déjà attiré la convoitise d’investisseurs externes: en 2013, Starbucks frappait discrètement à la porte, proposant "des centaines de millions" pour Le Pain Quotidien. Mais cette tentative de rachat a échoué.

Noir-jaune-rouge

Depuis fin 2019, Le Pain Quotidien est à nouveau 100% belge. A l’automne dernier, les actionnaires historiques ont racheté la participation (25%) du groupe alimentaire Norac de l’entrepreneur français Bruno Caron. Cobepa détient désormais 43%, aux côtés d’une poignée d’entrepreneurs: la famille Josi (Jean-Marie Laurent Josi, CEO de Cobepa), Emiel Lathouwers (ex-A.S. Adventure), le duo Tony Vandewalle-Bart Van Vooren (ex-O’Neill Belgique) et le fondateur de la chaîne Alain Coumont. Et c'est le Belge Vincent Herbert qui a repris la barre de l’entreprise deux ans après l’avoir quittée.

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