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La distribution non alimentaire perd 140 millions d'euros par jour

Malgré un secteur de la mode très affecté, JBC fait partie des magasins tirant encore des revenus de leurs ventes en ligne. ©Jonas Roosens

La situation est dramatique dans la grande distribution non alimentaire. Pour autant que les conditions sanitaires soient garanties, Comeos, le lobby du secteur, appelle à la réouverture rapide d’un maximum de magasins.

Si la distribution alimentaire carbure à plein régime avec 322 millions d'euros de chiffre d’affaires additionnel depuis le début du confinement (chiffre de Nielsen arrêté le 14 avril), la distribution non alimentaire (mode, électro, sport, décoration…), tire la langue. Ses pertes se chiffrent en centaines de millions d’euros. En partant du postulat que ces magasins parviennent encore à vendre 10% via l’e-commerce, Comeos a calculé qu'ils perdaient plus de 835 millions d’euros par semaine, soit 139 millions par jour. À lui seul, la mode perd 23,4 millions quotidiennement. Certaines chaînes sont au bord du gouffre.

23,4
millions €
Selon Comeos, le secteur de la mode enregistre un manque à gagner de plus de 24 millions d'euros par semaine depuis le début du confinement.

Résultat, selon Comeos: 56% des enseignes ont des problèmes de liquidités. "Car si les mesures de chômage économique permettent de diminuer les frais de personnel, les autres charges demeurent: fournisseurs, énergie…", rappelle Dominique Michel, administrateur délégué de Comeos. Ce manque à gagner entraîne des effets en cascade pour toute l’économie (fournisseurs, prestataires…) et pour les finances publiques. "Si le déconfinement partiel prévu à partir du 4 mai permet une reprise de l'activité à 50%, le manque à gagner pour l'État se chiffrera à plus de 112 millions d’euros par semaine en recettes TVA et contributions ONSS", assure Dominique Michel.

Petit coup de pression

En attendant les décisions du Conseil national de sécurité vendredi, le lobby du commerce met donc un petit coup de pression sur les autorités pour que les affaires redémarrent le plus vite possible. Mais il se veut raisonnable. Et plaide pour un seul et unique critère pour rouvrir: la capacité des enseignes à garantir à 100% la sécurité du personnel et des clients. "Si une chaîne qui compte 100 magasins ne peut garantir la sécurité que dans 70 d’entre eux, tant pis, elle n’ouvrira pas les 30 autres", indique Dominique Michel, selon qui les autres critères sont inopérants.

La taille? "Tant les petits que les grands magasins ont démontré le week-end dernier avec la réouverture des enseignes de bricolage que cela fonctionnait parfaitement", observe-t-il. Le type de magasins? "Cela n’a pas de sens, car aujourd’hui tous les magasins vendent de tout." Le nombre de magasins? "Plus il y a de magasins ouverts, mieux les clients seront répartis."

"Si le déconfinement partiel prévu à partir du 4 mai permet une reprise de l'activité à 50%, le manque à gagner pour l'État se chiffrera à plus de 112 millions d’euros par semaine en recettes TVA et contributions ONSS."
Dominique Michel
Administrateur délégué de Comeos

Mais qui va garantir que les mesures sanitaires seront respectées? "Les enseignes elles-mêmes, répond Dominique Michel, le secteur a démontré son sens des responsabilités: jusqu’il y a quelques jours les chaînes de fast food ont arrêté leur drive-in alors qu’elles étaient pourtant autorisées à le faire, car elles ne se sentaient pas en mesure d’assurer la sécurité." Reste qu’outre les règles de distanciation sociale connues, les chaînes devront aussi prendre des mesures spécifiques, notamment dans la mode (cabines d’essayage…). "On y travaille", assure le patron de Comeos.

Click & collect

En attendant, certaines enseignes font individuellement des propositions pour relancer la machine progressivement. Ikea suggère ainsi de lancer dans ses huit magasins belges ce que le groupe a développé à l’international: un système de collecte sur rendez-vous et sans contact physique avec le personnel sur ses parkings (Click & Collect) après commande et paiement en ligne des marchandises. 

"Nous allons le proposer aux autorités en espérant avoir rapidement leur feu vert", indique Julie Sordiau, porte-parole d’Ikea. Selon le roi du meuble en kit, des enseignes comme A.S Adventure, AVA, Decathlon et Media Markt ont déjà confirmé leur intérêt pour la formule.

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