La Flandre a été plus généreuse en aides corona que la Wallonie, pointe le cdH

À Liège, comme ailleurs en Wallonie, les entrepreneurs ont perçu moins d'aides que leurs homologues flamands, estime le cdH. ©ROBIN UTRECHT

Selon le cdH, les entrepreneurs wallons ont été moins aidés que leurs homologues flamands dans cette crise sanitaire. Il plaide pour une automatisation des aides.

En termes d'aides directes liées à la crise sanitaire, la Flandre est bien plus généreuse que la Wallonie, même si cette différence se matérialise davantage pour les entreprises de taille moyenne, a indiqué, ce mardi, le chef de groupe du cdH au parlement wallon François Desquesnes. Il plaidera, en commission de l’Économie, pour une généralisation et une automatisation des aides accordées aux secteurs impactés par la crise sanitaire.

François Desquesnes, le chef de groupe du cdH au parlement wallon.

"Je suis désespéré par le gouvernement wallon qui donne le sentiment de se cacher derrière la gestion de cette crise, pour ne pas faire autre chose", a déclaré François Desquesnes au Parlement wallon. "En Flandre, ils ont mis en place des groupes de travail dès le mois de mai 2020 et, en octobre, alors que le gouvernement wallon commençait à travailler sur son plan, la Flandre présentait le sien, de plan de relance", poursuit-il.

Cinq profils analysés

Avant d’aboutir à cette conclusion, le parti humaniste a évalué les profils de cinq types d'entrepreneurs: un petit cafetier; un cafetier moyen; une grosse brasserie; un forain et une agence de voyage. Le cdH a ensuite comparé l'ensemble des aides que ces entrepreneurs auraient perçues des deux côtés de la frontière linguistique.

-35%
Selon le cdH, l'aide perçue par un petit cafetier wallon serait de 35% inférieure à celle versée à un flamand.

Les résultats sont sans appel. Selon le cdH, la Flandre a été bien plus généreuse que la Wallonie, cela  malgré les propos tenus par le ministre wallon du Budget Jean-Luc Crucke. Début mars, ce dernier avait assuré que les dépenses dédiées au Covid (proportionnellement au nombre d’habitants en Wallonie) étaient plus élevées que dans le nord du pays. Le ministre wallon de l'Économie Willy Borsus avait, quant à lui, affirmé que le système d'aides wallon, basé sur le nombre d'employés, ne désavantageait pas les petits établissements.

Quelles différences?

Le cdH contredit ces propos. Selon lui, un petit cafetier qui emploie un seul équivalent temps plein (ETP) et accuse une perte de plus de 40% de son chiffre d’affaires (sur un total de 190.000 euros), percevrait 5.825 euros d'aides en plus en Flandre qu'en Wallonie (22.325 euros au nord du pays contre 16.500 en Wallonie, soit une différence de 35%).

Pour un cafetier moyen qui revendique 2 ETP pour un chiffre d'affaires annuel de 450.000 euros, la différence grimperait à 39,5% et dépasserait les 97% pour une brasserie (20 ETP et 4,5 millions de chiffre d'affaires annuel). Quant au forain, il percevrait une aide de 31.200 euros en Flandre et de 28.750 euros en Wallonie, soit une différence de 8,5%.

"Le différentiel se creuse, toujours au détriment des Wallons, alors que ce sont les mêmes impôts qui sont payés."
François Desquesnes
Chef de groupe du cdH

"Trop peu, trop tard et trop complexe"

Toujours selon les calculs du parti humaniste, une agence de voyage qui emploie 25 salariés pour un chiffre d'affaires de 12,5 millions d'euros par an, recevrait 27 fois plus d'aides au nord qu'au sud du pays. "À l'échelle micro-économique, les chiffres montrent bien que les entreprises flamandes sont davantage aidées et c'est aussi ce que disent les indépendants wallons qui manifestent leur colère ces derniers jours", résume François Desquesnes.

"Nous plaidons, au contraire, pour une approche générale et automatique."
François Desquesnes

"La Wallonie fait trop peu, trop tard et trop complexe", poursuit-il. "Trop peu, car on voit que plus les entreprises ont une activité importante, plus le différentiel se creuse, toujours aux détriments des Wallons, alors que ce sont les mêmes impôts qui sont payés", détaille le chef de groupe des humanistes. "Le gouvernement a opté, par ailleurs, pour une série de mécanismes qui se succèdent, au lieu d'une approche générale, et il fonctionne toujours avec des codes Nace, au risque que certains secteurs impactés ne puissent pas bénéficier des aides promises", poursuit-il.

"Nous plaidons, au contraire, pour une approche générale et automatique, avec des aides à toutes les entreprises dont le chiffre d'affaires a largement diminué à la suite de la pandémie et une compensation pour les frais fixes", indique enfin François Desquesnes, qui interrogera le ministre Borsus sur le sujet, ce mardi, en commission Économie du parlement régional.

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