"La fragmentation des compétences nous a fait perdre beaucoup de temps"

Pour Philippe De Backer, ministre fédéral de la Protection de la vie privée, le dossier sur le contact tracing aurait été géré beaucoup plus rapidement s’il avait été uniquement fédéral ou régional. ©Tim Dirven

Le dossier du contact tracing ressemble à une histoire sans fin. Régulièrement attaqué sur le sujet, le ministre en charge de la Protection de la vie privée, Philippe De Backer donne sa version des faits et appelle les Régions à prendre leurs responsabilités.

La saga du contact tracing se poursuit. Si la compétence est officiellement dans les mains des Régions, le nom du ministre fédéral en charge de la Protection de la vie privée, Philippe De Backer (Open Vld), est systématiquement associé au dossier. Pointé du doigt, le ministre fédéral a tenu à réagir et à s’expliquer sur son travail dans le dossier depuis le début de la crise. "Soyons clairs, je le dis depuis le départ, il s’agit d’une compétence régionale et communautaire."

Pourtant, son cabinet s’est retrouvé au centre du dossier suite à la mise sur pied en début de crise de la task force fédérale Data Against Corona. D’abord active sur les données des opérateurs télécoms et les modèles de prédiction de l’épidémie, elle a ensuite naturellement reçu de nombreuses propositions de solutions de contact tracing. "Nous avons joué le rôle de guichet unique et avons réceptionné toutes les propositions d’entreprises et de consortium proposant une solution." Le Conseil d’État a ensuite rappelé qu’il s’agissait d’une compétence des Régions et non de son cabinet. "Même si le fédéral voulait le faire, nous ne pouvions pas le faire. "

Le ministre explique avoir contacté les Régions dès le 28 mars pour connaître leurs intentions dans le dossier. "Nous avons décidé de faire une note à disposition des Régions avec l’ensemble des initiatives disponibles, à eux de décider ensuite ce qu’ils veulent faire." Pendant cette période, le cabinet et la task force Data Against Corona ont tenté d’avancer au maximum dans le dossier pour évaluer les risques au niveau de la vie privée et la technologie à privilégier.

Cela a abouti aux propositions concernant un cadre légal pour l’application et la gestion des données. Propositions critiquées par l’Autorité de protection des données et le Conseil d’État et toujours en discussion au sein du Parlement.

La désinformation pollue le dossier

"Nous n’avons fait appel à aucune société de consultance pour le dossier du contact tracing."
Philippe De Backer
Ministre fédéral en charge de la Protection de la vie privée

Les rumeurs sur le recours à des sociétés de consultance pour aider son cabinet dans ce dossier sont réfutées en bloc par le ministre. "Nous avons toujours travaillé dans une totale transparence. Nous n’avons fait appel à aucune société de consultance pour le dossier du contact tracing. Uniquement la task force et mon cabinet ont travaillé là-dessus."

Déplorant la désinformation qui pollue ce dossier, Philippe De Backer veut tout de même rester optimiste quant à une issue positive au dossier, "ce qui compte c’est de mettre sur pied une solution qui fonctionne et dans laquelle le citoyen a confiance". 

Entre-temps, le dossier est maintenant entre les mains d’un comité interfédéral qui rassemble l’ensemble des Régions et différents acteurs de santé publique pour tenter de trouver une solution commune. Car selon Philippe De Backer, le véritable problème du dossier se situe au niveau de la répartition des compétences. "Pendant une crise, il faut une chaîne de commandement claire. Nous avons perdu beaucoup de temps dans ce dossier et cette crise à cause de la fragmentation des compétences." Le dossier aurait-il été géré beaucoup plus rapidement s’il avait été uniquement fédéral ou régional ? "Oui, sans aucun doute."

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