La France favorable à un raccourcissement de la quarantaine. Et la Belgique?

Deux tiers des personnes qui déclarent revenir d'une zone rouge font un test et 2% sont testées positives. ©REUTERS

La France se dirige vers un raccourcissement de la quatorzaine, la contagiosité du virus diminuant fortement après une semaine. En Belgique, des discussions sont en cours.

En France, le Conseil scientifique a émis un avis "favorable" à l'idée de raccourcir à sept jours la durée d'isolement des personnes testées positives et des cas contacts.

Chez nous, les ministres examinent si nous devons toujours conserver cette quarantaine de deux semaines. "Lorsque la science apporte de nouvelles connaissances, nous devons être ouverts à celles-ci", expliquait le ministre Philippe De Backer (Open Vld).

Favoriser une meilleure adhésion

"Une grande rigueur, si on ne l'applique pas, ça ne sert à rien."
Yves Van Laethem
Porte-parole interfédéral Covid-19

Pourquoi un tel raccourcissement? En France, comme en Belgique, les autorités remarquent qu'un grand nombre de citoyens ne respectent pas cette quarantaine. "Même si nous ne disposons pas encore de chiffres précis, nous savons que deux tiers des gens qui déclarent revenir d'une zone rouge font un test", nous explique Yves Van Laethem, médecin spécialiste des voyages et porte-parole interfédéral Covid-19. Mais parmi eux, combien se mettent réellement en quarantaine? Mystère. Surtout si l'on prend en compte ceux qui ne déclarent pas revenir d'une zone rouge.

L'objectif est donc de rendre cette mesure plus acceptable, de trouver le juste milieu entre rigueur scientifique et nécessité de tenir le coup pendant des mois. "Une grande rigueur, si on ne l'applique pas, ça ne sert à rien", admet Yves Van Laethem. D'où l'importance de favoriser "une meilleure adhésion" de la population.

Parmi les deux tiers testés, seulement 2% sont déclarés positifs. "Ce pourcentage, c'est ce que l'on a dans la population actuelle", précise Yves Van Laethem. Il ne faut donc peut-être pas contraindre les gens à être "out" pendant 14 jours pour "seulement 2%".

Les raisons scientifiques

Il y a aussi des raisons scientifiques. "Si l'on est en contact avec le virus, pour plus ou moins 50% des gens qui déclareront la maladie, elle se déclenche endéans les cinq à six jours", précise Yves Van Laethem. "Donc même si la maladie ne se déclare qu'au jour 8 ou 9, il devrait déjà y avoir plein de virus autour du jour 5", détaille le médecin, qui doute que cette courte quarantaine soit acceptable. "Mais une des pistes serait d'effectuer un frottis au jour 5 afin d'éliminer la majorité des gens qui risqueraient d'être transmetteurs."

"Donc même si la maladie ne se déclare qu'au jour 8 ou 9, il devrait déjà y avoir plein de virus autour du jour 5."
Yves Van Laethem

"La période d'incubation médiane du virus est de cinq jours, nous risquons donc de manquer la moitié des infections" lors du test, explique, quant à lui, le virologue Steven Van Gucht.

Une réponse est espérée avant le prochain Conseil national de sécurité (CNS), estimé autour du 23 septembre.

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