La France se prépare à déployer son application StopCovid

Malgré certaines assurances, l'application StopCovid continue de diviser la classe politique française, surtout à gauche où elle est souvent perçue comme une sorte de "Big Brother sanitaire". ©AFP

Examiné à l'Assemblée nationale et au Sénat aujourd'hui, ce dispositif de traçage numérique des personnes contaminées par le coronavirus pourrait entrer en vigueur dès ce week-end.

On la croyait enterrée, ou du moins promise à un avenir très incertain. Et voilà que l'application StopCovid resurgit dans le paysage. Mardi, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) l'a validée, et ce mercredi, c'est au tour des parlementaires de se pencher sur son cas. S'ils votent en sa faveur ou pas (a priori leur vote n'est pas contraignant), ce dispositif de traçage numérique des personnes contaminées par le coronavirus pourrait être, dès samedi, téléchargeable dans les smartphones des usagers qui le souhaitent. À cette fin, et sur la base du volontariat, une personne se sachant malade pourra alerter automatiquement tous les utilisateurs avec lesquels elle a eu un "contact prolongé" récent - à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes - afin que ces derniers prennent à leur tour les précautions nécessaires.

"Toute technologie présente toujours des risques mais nous avons pris en la matière toutes les garanties possibles."
Cédric O
Secrétaire d'Etat français chargé du Numérique

Développée par un consortium d'entreprises françaises (Orange, Capgemini, Dassault, Withings, Lunabee studio) et pilotée par l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), l'application utilisera la technologie de connexion sans fil Bluetooth, et non la géolocalisation. Une technologie qui a "pour principal avantage de pouvoir être utilisée de manière anonyme et de respecter la vie privée", selon Cédric O, secrétaire d'État chargé du numérique qui a refusé d'utiliser les solutions proposées par Google et Apple. Ses concepteurs assurent également que les données personnelles seront sauvegardées puisque l'application fonctionnera avec des identifiants cryptés.

Sous les assauts des hackers éthiques

Certes, "il serait faux de dire que l'application ne présente aucun risque", a encore jugé Cédric O, sur France Inter. " Toute technologie présente toujours des risques mais nous avons pris en la matière toutes les garanties possibles. " Testée avec succès pendant 10 à 15 jours, en intérieur et extérieur, notamment par 60 militaires, l'application doit d'ailleurs encore subir les assauts de "hackers éthiques". Regroupés dans la société Yes We Hack, ces derniers vont, dès ce mercredi, traquer les failles du système afin d'éviter qu'il ne soit détourné à des fins criminelles.

Malgré toutes ces assurances, StopCovid continue de diviser, y compris au sein de la classe politique, surtout à gauche où elle est souvent perçue comme une sorte de "Big Brother sanitaire". Au vu du reflux de l'épidémie, elle risque cependant de ne pas rencontrer l'adhésion suffisante pour fonctionner à plein. Selon plusieurs études, il faudrait en effet que 60 à 70% de la population installe ce dispositif pour qu'il soit réellement efficace.

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