reportage

La grande distribution filtre l'accès à ses magasins

©BELGA

Dans les supermarchés, on s'organise vaille que vaille pour faire respecter les mesures prises par Comeos. La principale mesure porte sur la limitation du nombre de clients par magasin. Et cela provoque des files!

Sur le terrain, comme nous avons pu le vérifier, les mesures prises par Comeos, la fédération du commerce et des services, ont été diversement interprétées. Une des mesures les plus respectées a sans doute porté sur la limitation du nombre de clients dans les magasins, l'idée étant d'appliquer le principe d'une moyenne d'un client par 10 mètres carrés. L'effet de cette mesure ne s'est pas fait attendre, comme au Brico d'Auderghem, par exemple, où, au moment de notre passage mardi après-midi, on comptait une moyenne de 20 minutes d'attente pour entrer dans le magasin.

Dans la file, chacun prend son mal en patience. De temps à autre, le garde placé à l'entrée du magasin crie à l'attention des clients de reculer et de respecter un mètre de distance entre eux. "Pour votre sécurité", clame-t-il.

À la sortie, on rencontre des clients chargés de matériel de jardinage ou de bricolage. Tous, redoutant l'annonce prochaine d'un confinement et sachant qu'ils risquent d'avoir du temps, s'équipent en fonction des longues heures à venir. On doit vous avouer la vérité. On a profité de ce reportage pour relever un défi: trouver de la farine pour faire un gâteau à notre fille dont les dix ans arrivent à grands pas. Et s'il y a bien un aliment qui a disparu des rayons depuis plus d'une semaine, c'est la farine. 

À l'intérieur du Carrefour d'Auderghem, la circulation s'organise à grand renfort de papier collant rouge placé au sol. La consigne de Comeos est respectée. 

Comme partout ailleurs, certains rayons ont été pris d'assaut. Toujours pas de farine. Et pas plus de papier w.c.!

Soit, on continue. Partout, les même scènes se reproduisent, les mêmes files, et de plus en plus de gens gantés et masqués. Du coin de l'oeil, on s'observe, les conversations s'engagent plus vite qu'à l'accoutumée. On l'a déjà écrit dans ces pages, mais cela se confirme: les crises rapprochent les gens.

Petit détour par l'Aldi de l'avenue Georges Henri. Rien à signaler. Pas de consignes, pas de files et, à l'intérieur, les gens font la file à la caisse, les uns près des autres, comme si de rien n'était. Soit. On continue. 

Au Delhaize de Roodebeek, les choses sont claires. On filtre. Maximum 134 personnes en même temps dans le magasin. Alors, un employé, posté à l'entrée, joue au gendarme. En douceur. 

Et pour être certain que personne ne resquille, on a dressé deux haies de chariots renversés et chacun est prié de respecter le mètre de distance. Fatalistes, les clients appliquent la consigne sans broncher. 

Au Cora de Woluwé, pas de filtre à l'entrée, rien. On avait pensé trouver enfin notre havre de paix. Passés les premiers portiques, un panneau rappelait les consignes de sécurité et proposait deux distributeurs de gel aux clients souhaitant se laver les mains. Par contre, au moment de filer, on s'est rendu compte que la file pour les caisses faisait presque le tour du magasin! Pas question de tenter la farine. 

Dernier espoir (pour la farine), le Match situé au rez-de-chaussée du Shopping de Woluwé. Hélas, la galerie est déserte. Vidée de ses habituels visiteurs. 

On se dit que le Match est peut-être moins fréquenté (devrait-on dire assailli). Du coup, on tente pour la farine. Et là, bingo, la piste était la bonne. Il reste quelques kilos dans les rayons! On prend ce qu'il nous faut, on en laisse pour les autres. Il y aura certainement d'autres anniversaires et d'autres gâteaux. Et notre petit doigt nous dit qu'on aura tout le temps de cuisiner!

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