Là où l'on accorde plus de liberté aux vaccinés

Le président Joe Biden s'est réjoui que les Américains entièrement vaccinés contre le covid n'aient plus à porter de masque à l'extérieur et dans la plupart des lieux intérieurs. ©Photo News

Une loterie et des beignets pour les vaccinés: aux États-Unis, on encourage la piqûre anti-covid de façon parfois ludique et en supprimant le masque. Chaque pays a sa stratégie pour convaincre les sceptiques.

En Wallonie, les invitations à la vaccination à l'adresse des moins de 65 ans sans comorbidités vont seulement partir. Toutes les personnes à risques n'ont pas encore été appelées. Il semble déjà que nombre de francophones ne répondront pas à l'appel: 38% d'entre eux refuseraient d'être vaccinés, contre seulement 20% des Flamands, selon le dernier baromètre de la motivation (UGent, UCLouvain et ULB), relayé dans Le Soir et Sudpresse ce vendredi.

Cette réticence pourrait empêcher d'atteindre l'immunité collective. En guise d'incitant, les ministres de la Santé Christie Morreale et des Pouvoirs locaux Christophe Collignon invitent donc les bourgmestres à sensibiliser leur population, notamment par des séances d'information.

Donuts et tombola

Mais ailleurs, les stratégies de motivation sont parfois autrement moins cérébrales que chez nous. Comme dans l'Ohio, aux États-Unis, où le gouverneur lance une loterie avec 1 million de dollars pour les vaccinés. L'argent provient des fonds fédéraux destinés à la lutte contre la pandémie de covid. Un tirage hebdomadaire est prévu, pendant plusieurs semaines.

"Enlevez vos masques!"
Joe Biden
Président américain

La chaîne de restauration Krispy Kreme, spécialisée dans les beignets, offre, elle, des donuts gratuits aux gens vaccinés, alors que les adolescents âgés de 12 à 15 ans peuvent désormais aussi être immunisés par injection.

L'Amérique laisse tomber le masque

Plus de 117 millions d'Américains sont entièrement vaccinés. Et ceux-là peuvent carrément laisser tomber le masque et participer à des activités en intérieur et en extérieur sans se couvrir le nez et la bouche et sans respecter la distanciation physique.

Le président Joe Biden s'en est réjoui depuis les jardins de la Maison-Blanche: "Enlevez vos masques! Vous avez gagné le droit de faire une chose pour laquelle les Américains sont connus à travers le monde: saluer les autres avec un sourire."

Ailleurs aussi, des laissez-passer sont accordés aux vaccinés, mais généralement avec présentation d'une preuve.

L'Italie veut lancer son propre certificat vaccinal sans attendre le passeport européen.

En Europe, des pass libératoires

La Grèce relance ainsi ses activités touristiques ce vendredi, avec, comme condition pour voyager, d'être vacciné ou de présenter un test covid négatif.

L'Italie veut lancer son propre certificat vaccinal sans attendre le passeport européen. Il permettra à son détenteur de voyager dans toutes les régions, s'il a été vacciné, a eu le Covid-19 ou peut présenter un test négatif au virus.

Le Danemark a son coronapass, qui permet d'aller au musée, au cinéma, au restaurant ou chez le coiffeur. Il atteste d'un dépistage négatif de moins de 72h, d'une vaccination ou d'une guérison récente du Covid-19. La France se dotera bientôt d'un tel pass pour les rassemblements importants.

La Belgique gardera encore son masque

Et en Belgique, qu'est-ce qui change pour les personnes vaccinées? Rien pour le moment. À partir du 13 août (lorsque tout le monde aura eu l'occasion de se faire vacciner), un covid safe ticket permettra aux personnes vaccinées ou présentant un test négatif d'assister aux grands événements, tels que les festivals de musique. Mais il n'est pas question que ce document serve à d'autres desseins et introduise des discriminations.

9,9%
Moins de 10% des Belges sont entièrement vaccinés.

Quant à laisser tomber le masque, on n'y est pas encore. Alors que la commissaire aux droits de l'enfant de la Région flamande, Caroline Vrijens, a plaidé ce vendredi pour que l'obligation du masque buccal pour les élèves de cinquième et sixième année soit supprimée au plus vite, l'infectiologue Erika Vlieghe s'y est opposée.

"Ce n'est pas encore le bon moment, ce n'est pas encore fini", a répondu la présidente du Gems, le groupe d'experts qui conseille le gouvernement. Elle a rappelé que le nombre d'infections dans les classes était en augmentation et a souligné le risque que pouvaient encore jouer les écoles dans la propagation de l'épidémie...

Moins d'un tiers des Belges (32,8%) a reçu une première dose et 9,9% sont entièrement vaccinés.

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