La pandémie accélère la transformation bancaire

Les paiements par carte sans contact ont connu une progression fulgurante depuis le début du confinement. ©doc

La banque en ligne et mobile voit son taux d'utilisation exploser, tandis que le paiement sans contact convainc peu à peu les sceptiques. L'avenir des agences s'écrit quant à lui en pointillé.

La période de confinement aura confirmé l'essor de la banque mobile. Sans surprise, le smartphone est devenu au cours des dernières semaines le principal outil des Belges pour régler leurs opérations bancaires, annonce Febelfin ce mercredi.

Les services bancaires en ligne, qui comptaient déjà 13,5 millions d'abonnements à la fin de l'année passée, continuent de progresser, mais ce sont surtout les applications bancaires mobiles dont l'usage explose. Depuis cinq ans, ce service engrange un million de nouvelles souscriptions chaque année, alors qu'il n'existait pas encore il y a dix ans.

29%
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Les paiements par carte sans contact représentent aujourd'hui quasiment un tiers de tous les paiements par carte.

"Les consommateurs d'aujourd'hui souhaitent avoir leur banque à proximité et toujours disponible", commente la fédération sectorielle. Une évolution qui n'est évidemment pas exclusive au secteur bancaire.

Les habitudes de paiement sont également bouleversées. Les retraits d'argent liquide, déjà en recul avant l'éclatement de la pandémie, chutent de manière drastique. Les grandes banques du royaume évoquent ainsi une baisse de plus de 50% du nombre de passages des clients pour prendre du cash. Elles constatent cependant que les montants retirés sont plus importants.

Les agences en sursis

Le recours aux cartes sans contact a quant à lui explosé, surtout depuis que le montant limite pour lequel on peut régler son achat sans introduire son code est passé à 50 euros le 14 avril dernier: alors que 16% des achats étaient conclus par ce moyen en février, il représente aujourd'hui 29% des paiements par carte.

4.684
agences
La Belgique comptait encore 4.684 agences bancaires fin 2019, mais ce nombre est appelé à baisser drastiquement au cours des prochaines années.

Corollaire de ces constats et conséquence de la pandémie et de la peur de la contamination, le rôle des agences bancaires est remis en question. De nombreuses opérations qui étaient l'apanage des guichets bancaires par le passé sont aujourd'hui réalisables par téléphone ou ordinateur, qu'il s'agisse d'adapter sa limite de crédit, de commander une nouvelle carte ou encore de signaler une perte ou un vol.

"La banque du futur sera un point de contact pour obtenir des conseils sur mesure, plutôt qu'une plateforme d'assistance pratique pour les transactions quotidiennes", prédit Febelfin. Reste à savoir combien de ces bureaux 2.0 demeureront sur le territoire.

Fin 2019, la Belgique comptait encore 4.684 agences bancaires, mais KBC, Belfius, BNPPFortis et ING ont annoncé dans un passé relativement récent qu'elles réduiraient la voilure. De plus, le rachat d'Axa Banque par Crelan va aussi inévitablement lancer une nouvelle vague de fermetures, pendant que les néobanques, telles Revolut, N26 ou encore Aion travaillent sans agence, ou avec un magasin unique "flagship" pour cette dernière.

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