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analyse

La province de Liège hausse le ton face au regain du virus

Le gouverneur Hervé Jamar s'est fendu d'un arrêté de police samedi, déjà remplacé par un autre ce lundi. ©Photo News

En terres liégeoises, les protocoles signent leur retour dans l'horeca, les magasins de nuit doivent fermer à 1h et les fêtes dansantes ne sont plus autorisées.

C'est l'histoire d'un serrage de vis progressif, prévisible et dont on peut se demander s'il n'aurait pas pu intervenir plus tôt. Surtout au vu du cocktail explosif qu'ont constitué, en septembre 2020, coronavirus et rentrée académique en terres liégeoises. Mais reprenons.

Après Bruxelles, dès le mois d'août, c'est vers la province de Liège qu'en septembre, les regards inquiets se sont progressivement tournés. C'est que la situation y est préoccupante, comme on dit. Certes, à première vue, c'est toujours Bruxelles qui porte le bonnet d'âne épidémiologique, avec une incidence record, à la date de samedi: 561 nouveaux cas par 100.000 habitants, sur les deux dernières semaines, soit plus du double de la moyenne belge (239).

423
cas
Les contaminations s'emballent un peu dans la province de Liège, avec une incidence de 423 cas pour 100.000 habitants ces deux dernières semaines, portée par un taux de reproduction de 1,12, un temps de doublement estimé à 27 jours et un taux de positivité des tests de 9%.

Sauf que dans la capitale, la dynamique s'est inversée et que l'heure n'est plus à l'emballement; l'incidence reflue doucement et le virus circule moins rapidement. Tout l'inverse de la province de Liège qui affiche une incidence de 423 cas pour 100.000 habitants, avec un virus qui regagne du terrain et un taux de positivité de 9%, contre 4,9% en Belgique et 6,7% à Bruxelles.

Réaction tardive?

Avec, en toile de fond, une couverture vaccinale perfectible, la plus légère de Wallonie. Au sein de la province de Liège, 64,5% de la population totale présente un schéma vaccinal complet, contre 67% en Wallonie. L'écart n'est pas intersidéral, mais cache d'importants "trous" dans cette couverture. Après les "cancres" bruxellois, on retrouve rapidement des entités liégeoises dans la liste des communes où la vaccination rencontre le moins de succès: 53% à Dison, 56% à Verviers et 59% dans la ville de Liège, par exemple.

"Le niveau d'alerte est augmenté de 3 à 4 pour la province de Liège. Il est recommandé de réunir la cellule de crise provinciale."
Le rapport du RAG daté du 8 septembre 2021

Voilà, ce qui a amené les autorités locales à agir, dans la foulée du Comité de concertation de vendredi. Samedi, le gouverneur Hervé Jamar (MR) se fendait d'un arrêté de police rappelant les consignes de distanciation en vigueur – dont le respect était devenu plus qu'aléatoire – et maintenant les règles de port du masque, comme à Bruxelles.

Une question, tout de même: pourquoi avoir attendu le 18 septembre, alors que les experts du "risk assessment group" (RAG) recommandaient une prise en main provinciale dans son rapport du 8 septembre? Il a fallu prendre la mesure d'une situation par ailleurs changeante, réaliser que la réponse devrait être provinciale et ne viendrait pas de l'étage fédéral et sensibiliser tous les acteurs, explique-t-on dans l'entourage du gouverneur. Le rapport du RAG du 15 septembre, tapant plus fortement sur le clou, et le Codeco du 17 septembre ont servi de déclencheur.

Plus de "fêtes dansantes"

Aussitôt signé, aussitôt dépassé? En tout cas, l'arrêté de samedi aura fait long feu. Les réunions se sont enchaînées ce lundi. D'abord avec le centre de crise national – la rumeur veut que le fédéral ait mis la pression, jugeant la riposte liégeoise faiblarde. Puis au sein de la cellule de crise provinciale. Ce qu'il en est ressorti? Un nouvel arrêté de police, applicable dans la foulée.

Que contient-il? Il reprend les points du premier arrêté, sur la distanciation et le port du masque à partir de 12 ans. Auxquels il ajoute une série de mesures applicables à toutes les communes, exception faite des entités germanophones. À savoir des protocoles pour l'horeca, l'interdiction des "fêtes dansantes" ou la fermeture des magasins de nuit à 1h. Quant au télétravail, il redevient "hautement recommandé". Et le "covid safe ticket"? Son usage est encouragé, mais le gouverneur estime ne pas être légalement en mesure de l'imposer.

Le résumé

  • Voilà près de deux semaines que les experts ont attiré l'attention sur la reprise de l'épidémie dans la province de Liège.
  • La riposte s'est articulée en deux temps: le gouverneur a dégainé un arrêté de police samedi, déjà remplacé par un nouveau ce lundi.
  • Réaffirmant l'importance des règles de distanciation, plus trop respectées, ainsi que le port du masque dès 12 ans.
  • Et ressortant du placard une série de restrictions.

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