analyse

La réouverture de l'horeca en cinq questions

L'horeca veut rouvrir avec des règles strictes, pour ne pas risquer un troisième lockdown, mais applicables auprès d'un maximum d'établissements. ©BELGA

Quand les restaurants et cafés rouvriront-ils? Le secteur vise le premier week-end des vacances de Pâques. Les protocoles de sécurité sanitaire sont en préparation.

Les discussions s'enchaînent entre les fédérations régionales de l'horeca et les représentants du groupe d'experts cornaqué par Erika Vlieghe. Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie, et ses pairs planchent sur une réouverture la plus sécurisée possible.

"On fait le maximum pour se relancer fin mars. La date butoir, c'est le week-end de Pâques."
Thierry Neyens
Président de la Fédération Horeca Wallonie

Quand les restaurants, cafés et bars rouvriront-ils?

Ce sera au gouvernement de fixer cette date, sur base de l'avis des experts. Lors du prochain comité de concertation (Codeco du 26/02), le secteur espère enfin une feuille de route pour préparer sa reprise. "On fait le maximum pour se relancer fin mars. La date butoir, c'est le week-end de Pâques", soit les 3 et 4 avril.

Les fédérations misent sur une promesse lors du Codeco de la mi-mars, pour avoir une quinzaine de jours pour se préparer. Il faut non seulement refaire tous les stocks, mais aussi retrouver du personnel alors que certains travailleurs ont quitté le métier.

Comment les établissements rouvriront-ils?

"Il faut garantir aux clients et au personnel une bonne protection face aux aérosols", commente Thierry Neyens. Ces minuscules particules suspendues dans l'air ne faisaient pas partie du protocole de réouverture au printemps dernier, le mécanisme et les conséquences de ce mode de propagation du virus n'étant pas encore bien connus.

Il faut assurer une bonne ventilation, une arrivée d'air frais, en évitant les courants d'air et les températures trop fraîches. "Les détecteurs de CO2 peuvent donner un signal objectif: il faut aérer, il y a trop de clients, etc." Les exploitants devront s'équiper à leurs frais, mais encore faut-il qu'ils trouvent des appareils conformes, et qu'ils sachent exactement ce dont ils ont besoin...

"Si l'on met la barre trop haut, la majorité des établissements seront exclus."
Thierry Neyens
Président de la Fédération Horeca Wallonie

Il s'avère difficile d'envisager une norme par m2, complète le patron de la fédération: tous les établissements sont différents. Grande salle disposant de larges fenêtres, vieille bâtisse avec pièces en enfilade, cave... "On propose de faire une phase test, avec le personnel, pour que chaque restaurateur sache à quoi s'attendre."

Les protocoles de la fin de l'été dernier seraient toujours d'application. Pas question de n'ouvrir que le midi, comme en Italie. "On doit être rentable!" Mais l'une des pistes consiste aussi à ne rouvrir que les terrasses.

Tous les établissements pourront-ils rouvrir?

"Il faut une règle applicable. Si l'on met la barre trop haut, la majorité des établissements seront exclus." Néanmoins, certains lieux ne seront pas à même de garantir la sécurité sanitaire, vu leur conformation. "Il faut privilégier ceux qui respectent les protocoles. Si une partie du secteur n'est pas en mesure de rouvrir, il faudra des indemnités fédérales et régionales. On ne peut pas laisser sur le bord de la route une entreprise uniquement parce que son emplacement n'est pas adéquat pour les règles."

Quelles sont les craintes du secteur?

Le risque d'une troisième vague évidemment, mais aussi la crainte d'un manque de rentabilité, à cause de la distanciation notamment. Thierry Neyens a aussi peur que le secteur ne souffre d'une image dégradée à cause de certains établissements qui ne respecteraient pas le protocole. "Certains savent que la faillite est inévitable, malheureusement. Ils pourraient vouloir rouvrir sans se soucier des règles, pour grappiller ce qui est encore possible."

Ces nouvelles normes seront-elles pérennes?

Le patron de la Fédération Horeca Wallonie pense qu'il faut revoir tout le volet de la sécurité en englobant les nouveaux aspects sanitaires. "On ne peut pas à chaque fois écraser tout un secteur sous de nouvelles obligations. À l'avenir, pour les nouvelles constructions, il faudra prendre en compte cette problématique de l'aération. Il faut une analyse des risques sur le long terme."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité