La santé d'une entreprise, c'est la santé de l'employé

Picanol, Audi Brussels, Volvo Cars, Sonaca... Les entreprises trépignent!

Les entreprises trépignent. Picanol, groupe spécialisé dans les métiers à tisser, a annoncé mardi qu’il relançait sa production. Audi Brussels s’y prépare, nous disait-on lundi, même si le site ne précise pas la date de redémarrage. Volonté similaire chez Volvo Cars. Et on apprend que Sonaca, même si c’est en personnel (très) réduit, n’a jamais vraiment arrêté. Et que le groupe wallon guette le moindre mouvement dans son secteur pour refaire tourner les machines.

Les entreprises trépignent, et c’est normal. C’est d’abord salutaire (chaque jour, elles voient s’écraser leur bilan) et c’est sain (dans le cas des entreprises industrielles, l’outil s’use à ne pas être utilisé). Encore faut-il bien sûr que la reprise soit dûment pensée et négociée. Picanol assure avoir pris la décision en concertation avec les partenaires sociaux, et garantit la sécurité – entendez la fameuse distanciation sociale – pour une reprise dans la sérénité.

L’employé ne pourra recommencer à travailler que s’il est sûr que sa santé n’est pas mise en danger.

Ces signaux de vie qui apparaissent à dose homéopathique dans le monde de l’entreprise nous font un bien fou. Ils nous permettent d’entrevoir le bout du tunnel. Mais ils indiquent autant une volonté de revivre qu’un geste désespéré de reprendre l’activité pour ne pas dépérir. Il ne faut pas que, coincé par les flammes, on finisse par se jeter par les fenêtres.

Le rythme de la relance devra passer par un plan national et un échéancier. En ce sens, l’allocution d’Emmanuel Macron lundi a fait mouche. Avec la réouverture des écoles et le redémarrage des entreprises fixés pour le 11 mai (à l’exception notable de l’horeca), le Président français a fixé des perspectives, ce qui n’a pas manqué d’être salué par le patronat, qui peut maintenant préparer son retour sur le devant de la scène économique.

Chez nous, le Conseil national de sécurité doit livrer le même exercice aujourd’hui. Il s’agira aussi d’être précis. Mais ce ne sera pas suffisant. L’employé ne pourra recommencer à travailler que s’il est sûr que sa santé n’est pas mise en danger. Les mesures, en Belgique comme ailleurs, devront répondre à cette crainte. Sinon les entreprises auront beau trépigner, elles ne pourront redémarrer. Cette crise nous l’a montré avec force : le véritable moteur d'une entreprise reste avant tout son capital humain.

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