La société liégeoise Any-Shape va produire près de 100.000 écouvillons par semaine

Les nouveaux écouvillons ont été testés au CHU de Liège et validés par l'AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé).

Spécialisée dans la fabrication additive pour l’industrie, la PME Any-Shape veut pallier le manque d'écouvillons, ces petits ustensiles utilisés pour le prélèvement d’échantillons pour les tests de dépistage virologiques du coronavirus.

Après avoir produit ces dernières semaines des visières de protection et des pièces pour respirateurs et des masques FFP2, la PME liégeoise Any-Shape va se lancer dès ce week-end dans la fabrication d’écouvillons, ces petits ustensiles utilisés pour le prélèvement d’échantillons dans la gorge ou le nez.

A l’instar de ce qui s’est passé avec les tests de diagnostic ou les masques, une large pénurie en dispositifs de prélèvement, essentiellement des écouvillons naso-pharyngés (NP), a été observée dès le début de la pandémie de Covid-19 en Belgique mais également dans de nombreux pays européens. Ce qui entraîne une limitation du nombre de tests de dépistage virologiques. Et ici, ce n’est pas une délocalisation en Chine qui est en cause: la majorité (plus de 90%) des écouvillons utilisés mondialement sous différents labels sont fabriqués par une seule et même firme italienne.

Une "reconception" complète

"La tête de l’écouvillon est plus compliquée qu’il n’y paraît."
Roger Cocle
Co-CEO et cofondateur d'Any-Shape

En réponse à cette situation, Any-Shape, spécialisée dans la fabrication additive pour l’industrie, a réalisé une "reconception" complète d'un écouvillon pour permettre de le produire entièrement en impression 3D. Ce qui n’est pas si facile à faire, même pour une société habituée à produire des pièces complexes pour l’aviation ou la défense, explique Roger Cocle, cofondateur et co-CEO de l’entreprise. "Cela paraît simple mais cela n’est pas si évident. La tête de l’écouvillon est plus compliquée qu’il n’y paraît. Nous avons dû développer des paramétrages spécifiques sur la machine pour être en mesure de les imprimer. Tout le développement a consisté à trouver un design qui remplace la structure ouatée traditionnelle mais qui donne des résultats similaires." 

L’entreprise, basée à Flémalle, compte produire près de 100.000 écouvillons - qui sont en nylon - par semaine. Elle a dédié deux machines à technologie laser à cette tâche. Cela n’a pas posé trop de problèmes, car l’activité est au ralenti ou quasiment à l’arrêt dans ses secteurs traditionnels, selon Roger Cocle, qui rappelle qu’Any-Shape avait déjà offert ses compétences dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 en fabriquant des débitmètres pour respirateurs (avec le motoriste Safran Aero Boosters) mais aussi des visières de protection et des éléments de masques FFP2. "Et un autre projet avec Safran Aero Boosters pour des pièces de respirateurs va également bientôt démarrer", précise le CEO. 

Une étude avec le CHU

20.000
écouvillons
On parle d'un besoin d'environ 20.000 écouvillons par jour pour les quatre à six prochaines semaines.

Pour les écouvillons, une étude clinique a été menée avec le CHU de Liège, d'abord en laboratoire, ensuite sur une centaine de patients. Les résultats, positifs, ont mené à la validation il y a quelques jours de cet écouvillon auprès de l'AFMPS (Agence fédérale des médicaments et des produits de santé) pour une mise sur le marché immédiate. La demande est énorme: rien que pour la Belgique, on parle d'un besoin d'environ 20.000 écouvillons par jour pour les quatre à six prochaines semaines. 

Créée par Roger Cocle et Bertrand Herry – qui dirigent l’entreprise à deux –, Any-Shape est une société très jeune, qui a commencé ses activités opérationnelles il y a quatre ans. Le militaire et l’aérospatial représentent une bonne partie de son activité, devant l’automobile et le transport. Au-delà de l'apport d'une solution à un problème sanitaire crucial, la fabrication des écouvillons et des autres équipements médicaux va lui permettre de prendre pied dans le secteur des soins de santé et de la "medtech". Le capital de l'entreprise est détenu à 80% par des acteurs privés, dont les deux fondateurs, la SRIW possédant les 20% restants. 

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