La ventilation bientôt obligatoire dans de nouveaux secteurs

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Après leur présence dans l’horeca et les salles de fitness, les systèmes de ventilation seront également obligatoires pour les salles de concert, halls de sport et institutions de soins.

Depuis leur réouverture le 9 juin dernier, les cafés, restaurants et centres de fitness sont obligés d’investir dans des compteurs de CO2 visibles par les clients. Les établissements horeca qui ne sont pas suffisamment aérés doivent investir dans un système de ventilation supplémentaire.

Mais ce lundi, le Comité de concertation – où les principaux ministres régionaux et fédéraux fixent les règles en matière de lutte contre le coronavirus – a décidé d’étendre cette obligation. Une décision restée quelque peu sous les radars. "Le Comité a décidé d’élargir l’obligation d’utilisation de compteurs de CO2 aux infrastructures sportives (espaces communs), aux institutions de soins (espaces communs) et aux infrastructures destinées à accueillir des évènements", peut-on lire dans le rapport du Comité de concertation qu’un vent favorable nous a fait parvenir. Le but est d'améliorer la ventilation dans les espaces intérieurs.

Sanctions

Concrètement, il s’agit de tous les lieux où l’on pratique du sport en salle, des cafétérias, réfectoires, cantines ou halls d’entrée des salles de sport, hôpitaux, maisons de repos et autres institutions de soins, ainsi que des lieux tels que les salles de fêtes et de concert. À terme, des sanctions pourraient être prises contre ceux qui ne respectent pas cette règle.

La ventilation en tant que moyen de lutter contre le virus est le cheval de bataille du commissaire "Covid", Pedro Facon. Les espaces mal aérés sont en réalité un paradis pour le coronavirus, supposé se transmettre via les aérosols, qui sont de petites particules contenues dans l’air. Ce fut le cas dans le célèbre bar d’après-ski dans la ville autrichienne d’Ischgl, où un barman a probablement contaminé des dizaines de touristes en mars 2020. Ceux-ci ont ensuite propagé le virus dans toute l’Europe. Des évènements similaires de "super contamination" se sont produits dans des églises et sur des navires de croisière comme le Diamond Princess.

L’installation de compteurs de CO2 est donc essentielle, car la concentration de CO2 dans l’air peut être un signal d’alarme. Une forte concentration ne signifie pas obligatoirement qu’il existe un danger de contamination – car il faut pour cela la présence d’une personne contaminée dans l’espace en question – mais c’est un signal d’alarme indiquant que les conditions de transmission du virus sont idéales.

Risques

La lutte contre le variant Delta – qui a provoqué partout en Europe une recrudescence du nombre de contaminations et d’hospitalisations – prouve que la lutte contre le virus n’est pas un luxe superflu si l’on veut revenir à une vie normale. Même si le risque que les personnes entièrement vaccinées se retrouvent à l’hôpital est limité, les recherches scientifiques révèlent de plus en plus de revers importants face au variant Delta. Malgré la double vaccination, les gens restent très contagieux en cas d’infection par le virus.

Cela signifie que le virus peut continuer à se propager et éventuellement toucher des personnes non vaccinées ou souffrant d’une immunité réduite – personnes âgées ou fragiles. Le faible taux de vaccination dans certaines communautés – y compris après la campagne de vaccination – augmente le risque de nouveaux clusters et vagues d’hospitalisation.

Il faut débourser plus de 60 euros pour un compteur de CO2 et les systèmes de ventilation et de purification de l’air coûtent beaucoup plus cher.

Écoles et bureaux

Le coronavirus n’est pas la seule motivation poussant à améliorer la ventilation. La qualité de l’air dans les bureaux et les écoles représente depuis des années un problème pour ceux qui travaillent dans le domaine de la santé publique en Belgique. Les espaces mal aérés peuvent, en effet, provoquer des problèmes de santé. "Je suis très satisfait de cette nouvelle étape vers une meilleure qualité de l’air. C’est un important levier de prévention des infections et, de plus, un investissement dans le bien-être et l’amélioration des performances à l’école et au travail", a déclaré le Commissaire "Covid", Pedro Facon.

Mais l’installation de meilleurs systèmes de ventilation n’est pas gratuite. Il faut débourser plus de 60 euros pour un compteur de CO2 et les systèmes de ventilation et de purification de l’air coûtent beaucoup plus cher.

Le coût de ces systèmes pourrait se monter à plusieurs centaines de millions d’euros au cours des prochaines années, car de nombreux établissements scolaires sont en mauvais état. Et cet argent n’est pas disponible. C’est ce qui explique pourquoi le Comité de concertation n’a pas encore décidé d’obliger les écoles à améliorer la ventilation dans leurs bâtiments.

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