La Wallonie va aussi solliciter les investisseurs particuliers

Jean-Luc Crucke, ministre wallon du Budget. ©BELGA

A l'image de la Flandre qui mobilise l'épargne de ses citoyens afin de venir en aide aux entreprises, la Wallonie s'y prépare en alignant des garanties.

La relance, cela se finance. Et notamment, comme en Flandre, avec des capitaux publics mais aussi avec l'aide de l'épargne privée. La Région flamande espère ainsi lever 260 millions auprès des citoyens pour financer un fonds destiné à soutenir les entreprises frappées par la crise du Covid. L'épargne citoyenne pourrait également être utilisée par la Wallonie pour financer la deuxième partie de son plan, celui de la relance.

Formalisme

Jusqu'ici, la Région wallonne a dégagé 518 millions en aides d'urgence pour des acteurs économiques touchés par les mesures de confinement. Ces financements sont venus de réallocations budgétaires. Une méthode qui a fait son temps car le gouvernement PS-MR-Ecolo sait qu'il aura besoin de plus de capitaux pour financer un solide plan de relance et éviter des faillites en cascade. C'est l'objet de "Get Up Wallonia !". Présenté par le ministre-président Elio Di Rupo (PS) le 22 avril, ce plan doit plancher sur la relance et le redéploiement de la Wallonie.

Mais voilà, depuis l’annonce de ce plan il y a plus d’un mois, "Get Up Wallonia !" doit encore franchir une série d'étapes. La plus formelle, et qui alourdit son lancement, est la mise en place des différents groupes de travail appelés à plancher sur des mesures concrètes. Lors d’une réponse apportée au parlement ce mardi, le ministre-président a expliqué que ces groupes seraient mis en place d’ici 15 jours. Une lenteur qui commence à exaspérer certains députés wallons. Le gouvernement a aussi prévu de consulter les citoyens et d’impliquer la société civile avant de préciser ses mesures. "Effectivement, cela prend un certain temps mais c’est un choix assumé. On lancera les vraies mesures de redéploiement après ces consultations", explique le porte-parole du ministre-président.

Donner des garanties

Le cadre budgétaire du plan a également demandé un important travail préparatoire par le ministre du Budget Jean-Luc Crucke (MR). On sait qu’un accord pour une enveloppe de 400 millions a été trouvé. Il en faudra probablement plus. Et il faudra surtout trouver l'argent! Le ministre du Budget s'est ainsi focalisé ces dernières semaines à redessiner un cadre budgétaire qui permettra d'aller chercher d'importants besoins en financement, notamment en faisant appel à l'épargne citoyenne.

"Pour faire appel à cette épargne citoyenne, il fallait préparer un environnement qui donne confiance aux investisseurs."
Jean-Luc Crucke
Ministre wallon du Budget

"Pour faire appel à cette épargne citoyenne, il fallait préparer un environnement qui donne confiance aux investisseurs. C'est le cas aujourd'hui. Nous avons validé la procédure de budget base zéro. Nous allons centraliser les trésoreries des administrations et nous avons un plan de relance qui s'appelle Get Up Wallonia. Ces trois éléments permettent de réfléchir sur la manière de financer le plan de relance avec des formules qui mobilisent les privés." Mais cet appel à l'épargne citoyenne ne doit pas fermer la porte à d'autres collaborations, estime le ministre. "Il y a une possibilité de travailler avec le Fédéral pour mobiliser des moyens."

Assurer un soutien aux secteurs impactés

En Région bruxelloise, on peut désormais tirer un premier bilan des mesures d'urgence. Destinée uniquement aux commerces et entreprises ayant eu l'obligation de fermer leurs portes lors du confinement, la prime de 4.000 euros a été octroyée à 19.262 reprises pour un montant total de 87,2 millions d'euros. Deux secteurs sont particulièrement représentés parmi les bénéficiaires: le commerce de détail et l'horeca.

En effet, les établissements d'hébergement, les restaurants et les cafés ont obtenu, ensemble, 19,6 millions d'euros, soit un quart de l'enveloppe régionale dédiée à cette prime unique. Il y a aussi du neuf pour ce qui est de la prime de 2.000 euros destinée cette fois aux toutes petites entreprises (moins de 5 ETP) qui n'ont pas été forcées de stopper leurs activités, mais qui sont néanmoins fortement impactées par la crise sanitaire.

L'introduction des demandes pourra débuter le lundi 8 juin, mais dès ce mercredi 3 juin les demandeurs pourront vérifier sur le site www.primecovid.brussels qu'ils rentrent bien dans les conditions d'octroi et commencer à rassembler les documents requis. Les deux primes représentent à elles seules la moitié du coût total des mesures de soutien prises par le gouvernement bruxellois dans le cadre de la crise du coronavirus. À ce stade, l'exécutif bruxellois ne prévoit plus de mesures d'urgence.

De l'argent sortira encore des caisses de la Région mais dans le cadre d'un plan de redéploiement en cours d’élaboration visant notamment à assurer un soutien aux secteurs encore lourdement impactés par la crise.

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