La Wallonie veut mettre la main sur les terrains de Carsid et Chertal

©Jef Boes

Le gouvernement wallon va mandater une série d'outils économiques pour racheter les 300 hectares de friches de Carsid et Chertal situées à Charleroi et Liège. Dans la perspective d'une réindustrialisation, le dossier est décrit comme stratégique.

Depuis l’arrivée du Covid-19 en Belgique, le gouvernement wallon PS-MR-Ecolo plaide pour une indispensable réindustrialisation de son territoire en accentuant notamment les positions industrielles dans les secteurs clés de la Wallonie comme les biotechs et la logistique. Le hasard du calendrier amènera sur la table du gouvernement ce jeudi un double dossier crucial pour le redéploiement industriel de la Wallonie: le rachat des terrains de Chertal et de Carsid.

Balafre dans le paysage

Balafre dans le paysage des deux métropoles wallonnes depuis la fin de l’âge d’or de la sidérurgie et la fermeture des outils de la phase à chaud d’ArcelorMittal à Liège ou de Duferco à Charleroi, ces deux friches industrielles sommeillent depuis des lustres, sans avenir. Or, pour de nombreux acteurs liégeois et carolos, Chertal, avec ses 200 hectares situés le long de la Meuse, et Carsid, avec ses 104 hectares à la porte ouest de Charleroi, représentent "des hectares en or" dans la perspective de redéploiement industriel des deux villes et, d’une manière plus structurante, pour le développement de la Wallonie. "Ces lieux sont formidablement bien situés pour accueillir des entreprises d’autant qu’on ne cesse de dire qu’il manque de terrains en Wallonie", nous confirme un acteur du dossier. "Mais il est temps d’accélérer la dépollution et la reconversion. Cela fait trop longtemps que cela dure", insiste la même source. 

"Ces lieux sont formidablement biens situés pour accueillir des entreprises d’autant qu’on ne cesse de dire qu’il manque de terrains en Wallonie."
Un acteur du dossier

Il y a quelques mois, le ministre de l’Economie Willy Borsus (MR) a chargé la Sogepa d’étudier la faisabilité de racheter les terrains de Carsid et Chertal. "C’est un objectif majeur de la législature d’assainir au moins 100 hectares par an d’anciennes friches pour y déployer de nouvelles activités économiques. Après le site de BASF à Feluy, c’est un autre dossier majeur et stratégiquement particulièrement bien situé que nous voulons faire avancer", explique le ministre. Selon nos informations, le gouvernement doit accorder un mandat à la Sogepa jeudi pour lancer officiellement les négociations de rachat avec les propriétaires, d’un côté ArcelorMittal à Liège et de l’autre le groupe Duferco à Charleroi.

Nethys dans la course

A différents étages, on répète que "l’enjeu de ce double dossier est stratégique pour l’avenir de la Wallonie". C’est donc en toute logique que cette double opération d’achat sera menée de front par deux consortiums composés de la Sogepa et d’acteurs locaux. Du côté liégeois, la Sogepa emmènera avec elle l’invest Noshaq, la Spi et Nethys. A Charleroi, le consortium réunira la Sogepa et Igretec, qui est l’intercommunale pour la gestion et la réalisation d'études techniques et économiques. "L’objectif est de racheter, dépolluer, équiper et réindustrialiser ces terrains", résume-t-on ici et là.

"L’objectif est de racheter, dépolluer, équiper et réindustrialiser ces terrains."
Un acteur du dossier

Vu l’ampleur de la pollution à certains endroits, les coûts à répartir entre les propriétaires privés et les pouvoirs publics, il est évident que les négociations seront longues et compliquées. "Mais l’objectif est d’aller vite pour lancer les projets de redéploiement", entend-on à Liège où on compte utiliser Chertal comme levier pour développer des secteurs comme les biotechs, la logistique ou l’énergie renouvelable.

Cette envie d’aller vite est partagée à Charleroi. "On se doit de trouver une solution pour remettre en état ces sites et enfin pouvoir y développer des projets", insiste un expert qui rappelle que le terrain de Carsid est en bord de Sambre. "Il permettra d’accueillir des activités intensives en électricité ou d’autres dans la logistique. Cette zone de 100 hectares est une priorité."

D'ici là, tant à Liège qu’à Charleroi, on nourrit un objectif : "A la base de tout, il faut récupérer la propriété foncière sur cette zone", conclut un acteur.

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