Laurence Bovy, CEO de Vivaqua: "La consommation d'eau a chuté de 8% en une semaine à Bruxelles"

Par ce selfie, Laurence Bovy, CEO de Vivaqua, témoignait de sa volonté d'être sur le terrain. Ici, au collecteur de Spontin, acheminant les eaux de Modave vers Bruxelles. Elle est désormais confinée depuis le début de la semaine. ©doc

Si les équipes de Vivaqua font en sorte que tout coule de source au robinet, l'assèchement du carnet de commandes et de la consommation coûtera cher à l’intercommunale.

Bien que pouvant sembler suranné, l'adage n’avait jamais été aussi vrai pour la fan de voile qu’est Laurence Bovy: si le navire sombre, c’est avec le capitaine à son bord. Alors, Vivaqua n’en est pas là. Du tout, même. Mais c’est en tout cas la philosophie qui a guidé jusqu'ici la directrice générale du navire qu'est l'intercommunale bruxelloise des eaux.

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Sa place, en tant que CEO, c’était à bord. Aux côtés de l'équipage. Avec un peu de télétravail quand c’était possible, pour répondre à l'injonction des autorités et éviter les contacts superflus, mais surtout avec des voyages réguliers sur site. En guise de marque de soutien et de prise de pouls auprès d'un personnel particulièrement sollicité, qui se démène chaque jour pour que tout un chacun puisse bénéficier d'une eau de qualité "irréprochable, 24h/24" à l'arrivée au robinet.

"Bien que fondamentale, notre mission passe un peu sous le radar en ce moment aux yeux du grand public."
Laurence Bovy
CEO de Vivaqua

Et si cette mission "passe un peu sous le radar" en ce moment, au vu des efforts de taille consentis en première ligne par le personnel soignant aujourd'hui au devant de la scène, qu'à cela ne tienne. La patronne, confinée depuis le début de semaine sur recommandation de son médecin, se dit fière de voir à quel point ses équipes ont "une conscience très forte de ce qu'il y a à faire pour le bien de tous". Un sentiment qu'elle dit avoir expérimenté au quotidien, du laboratoire où des échantillons d'eau sont analysés pour en vérifier la qualité jusqu'au magasin central où se trouvent les pièces nécessaires aux interventions sur le réseau.

"Tout le monde sent bien qu'on n'a pas le choix, qu'il faut continuer notre activité, et ce pour que les égouts continuent à fonctionner ou même pour que nos bassins d'orages puissent désengorger les canalisations en cas de fortes pluies", souligne celle qui fut un temps présidente du Port de Bruxelles.

Vivaqua accélère le rythme pour cartographier les égouts bruxellois. Des robots l'aident pour couvrir les 2.000 km de réseau.

Pas de chômage économique

Alors, évidemment, le Vivaqua d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier. Du côté opérationnel, les demandes de raccordement non urgentes ont par exemple été mises "on hold", de même qu'un véhicule a été rendu disponible pour chaque technicien, avec, à son bord, son lot de lingettes désinfectantes "dont le produit est fabriqué chez nous". Pour ce qui est des équipes, un peu plus d'un tiers des effectifs (comptant environ 1.400 personnes) est passé en télétravail, quand le reste est soit sur le terrain, soit à l'arrêt - en "dispense de service", dans le jargon. Sans mise au chômage économique, au vu de la grande proportion de statutaires et d'un traitement voulu égal pour les ouvriers contractuels.

"Cette tempête passée, c'est clair qu'on aura beaucoup appris."
Laurence Bovy

Ce qui aura un coût, oui. Tout comme quatre autres grands défis aux relents de tsunami. "Tout d'abord, sur la consommation d'eau, avec la suspension des cours dans les écoles, les chantiers à l'arrêt,...", évoque Laurence Bovy. "En une semaine, on a enregistré une baisse de 8% à Bruxelles suite au ralentissement de l'activité." Ensuite, tous les grands projets ou presque accumulent du retard pour Vivaqua. Et ce, alors que son fonds de pension, Hydralis, voit, lui, son rendement fondre comme neige au soleil suite à la plongée des marchés. Et, enfin, effet rebond oblige, se dresse demain la crainte d’un défaut de paiement des factures de la part d'entreprises en difficultés - pour l'heure, la question ne se pose pas, l'intercommunale ayant décidé de ne prendre aucune mesure à l'égard des mauvais payeurs au vu du contexte.

Voilà, la mission est là. Alors, la capitaine, qui reste opérationnelle, est formelle: "cette tempête passée, c'est clair qu'on aura beaucoup appris, qu'on sera mieux préparé". En avant toute.

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