Le Belge Texpak produit des masques pour sauver des emplois

L'usine de Texpak à Lahore, au Pakistan, a été reconvertie en un tournemain dans la fabrication de masques buccaux. ©Texpak

Le groupe de confection belge Texpak a reconverti son usine pakistanaise pour fabriquer des masques destinés à nos marchés. Il a préservé ainsi 1.450 emplois... à Lahore.

Le secteur textile belge a, de longue date, délocalisé sa production dans les pays à bas salaires. Le groupe de confection familial Texpak n’a pas échappé à la règle. Après avoir produit des articles de bonneterie en Belgique, il a installé ses usines en Tunisie, puis au Pakistan. Aujourd’hui, la quatrième génération de la famille Delcour qui tient les commandes gère une équipe de dix personnes en Belgique et exploite une usine employant 1.450 personnes à Lahore, au Pakistan. Elle y produit des t-shirts, des sweat-shirts, des polos ainsi que des vêtements de travail légers. Le groupe vend ses produits à des marques en Belgique et en Europe. Avec la crise pandémique, il a été obligé de se reconvertir.

"Nous avons continué de payer nos 1.450 travailleurs pakistanais, car il n’y a pas de couverture chômage dans ce pays. Et on s’est demandé que faire durant le lockdown, sans plus de commandes."
Paul Delcour
Directeur de Texpak

"Dès le lendemain du lockdown en Belgique et en Europe, toutes nos commandes ont été suspendues ou annulées, explique Paul Delcour qui dirige le groupe avec son frère Baudouin. Puis le Pakistan est lui aussi entré en confinement. Nous avons continué de payer nos 1.450 travailleurs pakistanais, dont une majorité de femmes (87%), car il n’y a pas de couverture chômage dans ce pays. Et on s’est demandé que faire durant le lockdown, sans plus de commandes. On a alors eu l’idée de produire des masques buccaux réutilisables."

80.000 masques par jour

Texpak a mis au point deux modèles de masques avec filtre antimicrobien, qui répondent aux normes NBN en Belgique et Afnor en France: un modèle chaîne et trame et un autre en maille, lavable au moins 20 fois. Il a adapté son usine à Lahore puis, après négociation avec les autorités à Islamabad, a obtenu le feu vert pour rouvrir celle-ci deux semaines avant la fin du déconfinement sous ces latitudes et commencer à fabriquer les masques.

Les commandes de masques n’ont pas tardé à affluer, pour les marchés belge et français.

Texpak a pu remettre la totalité de ses salariés au travail, et ce dans des conditions de sécurité sanitaire garantie. De 20.000 masques par jour, la production est rapidement montée à 80.000 pièces/jour. Les commandes n’ont pas tardé à affluer, pour les marchés belge et français. "Le mois de mai est rempli", sourit Paul Delcour qui ajoute que son entreprise a l’intention de prolonger cette nouvelle ligne de production jusqu’au lancement d’un vaccin anti-Covid-19. Quant à la fabrication des polos et sweats, elle reprendra progressivement avec la fin du lockdown.

Précision utile, Texpak verse à ses travailleurs au Pakistan un fixe supérieur au salaire minimum ainsi qu’un complément d’assurance. Il opère sous certification Fair Wear (conditions de travail), Sedex (commerce éthique), BSCI (audit social) et Oeko-Tex (agriculture bio).

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