Le changement climatique aurait favorisé l'éclatement de l'épidémie

Le réchauffement climatique aurait provoqué la migration en masse des chauves-souris, soupçonnées d'avoir répandu le virus. ©AFP

Une étude de l’Université de Cambridge révèle que le changement climatique aurait favorisé la propagation du virus. Tous les experts ne corroborent pas cette conclusion.

Pour effectuer leurs recherches, les chercheurs de l’Université de Cambridge ont établi "une carte" de la végétation mondiale, semblable à celle d’il y a un siècle. Ils ont également utilisé des données de température et de pluviométrie pour déterminer les besoins en végétations des espèces et leur répartition, depuis le début des années 1900.

Ils ont ensuite établi une comparaison avec la carte actuelle des végétations, ce qui leur a permis de mieux comprendre la façon dont les espèces avaient évolué.

Leurs conclusions ont révélé qu’au cours du siècle dernier, des changements importants s’étaient opérés dans les végétations du Yunnan, une province du sud-ouest de la Chine. Des modifications similaires ont été constatées en Birmanie et au Laos.

100 souches différentes?

Le changement climatique a par la même occasion modifié les habitats naturels de certaines espèces, créant un environnement favorable pour de nombreuses chauves-souris, soupçonnées d’être à l’origine de la propagation du virus.

L'étude rapporte que pas moins de 40 espèces supplémentaires de chauves-souris ont ainsi migré vers la province chinoise du Yunnan au cours du siècle dernier. Chaque espèce étant porteuse de 2,7  virus différents, pas moins d’une centaine de virus différents serait en circulation dans cette zone.

"Le changement climatique au cours du siècle dernier a rendu l'habitat de la province chinoise du Yunnan méridional propice à un plus grand nombre d'espèces de chauves-souris", a déclaré le Dr Robert Beyer, chercheur au département de zoologie de l'université de Cambridge et premier auteur de l'étude.

"Nous sommes loin de dire que la pandémie ne serait pas survenue sans le réchauffement climatique. Mais il me semble difficile à croire que ces données soient une coïncidence", a-t-il ajouté, interrogé par l’AFP.

Un mécanisme complexe

L’étude ne remporte pas l’unanimité. Plusieurs scientifiques se montrent plus nuancés dans leurs propos. Ils ont souligné que le changement climatique n’était pas la seule explication à la propagation du virus.

"Ce transfert est le résultat de mécanismes complexes. Le changement climatique a certainement  joué un rôle dans ce phénomène en modifiant les foyers des espèces. Mais il se pourrait que l’évolution démographique, tout comme la dégradation des habitats, engendrée par les activités agricoles, aient joué un rôle plus important", déclare Kate Jones, professeure d'écologie et de biodiversité à l'University College de Londres.

Kate Jones a également ajouté que Yunnan se situant à plus de 2.000 kilomètres de Wuhan, la ville épicentre de l’épidémie, il est encore moins probable que le changement climatique soit la seule et unique cause de l'épidémie.

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