Les ministres de la Santé se réuniront ce samedi pour déterminer une stratégie de testing rapide

Le Comité de concertation s'est réuni ce vendredi, alors que les chiffres de l'épidémie commencent à montrer des signes encourageants. ©BELGA

Ce vendredi, un Comité de concertation s'est penché sur les premiers résultats des mesures anti-Covid. La circulation du virus ralentit mais l'heure n'est pas encore au relâchement.

Les chiffres du coronavirus semblent aller dans la bonne direction. Le nombre d'entrées à l'hôpital continue de diminuer: il y a eu 399 admissions jeudi. C'est le chiffre le plus bas depuis le 19 octobre. Les nouvelles infections au coronavirus reculent nettement: du 3 au 9 novembre, il y a eu 6.877 nouveaux cas, une réduction de moitié par rapport aux 7 jours précédents.

1.452 patients séjournent encore aux soins intensifs, mais ce nombre diminue depuis trois jours. L'augmentation des décès semble faiblir, avec 198 décès quotidiens attribués au Covid-19. Les mesures de confinement commencent donc à vraiment prouver leur effet de frein sur la circulation du virus.

1.463
patients
Le nombre de personnes aux soins intensifs recule depuis deux jours et s'affiche désormais à 1.463 patients.

Selon les projections, on devrait descendre à 1.000 infections par jour dans un mois, vers la mi-décembre donc. Il s'agit d'une moyenne qu'on n'avait plus enregistrée depuis le 9 septembre et le début de cette deuxième vague. Mais alors, on restera "encore très loin de la base nécessaire pour être en sécurité", a déjà prévenu Yves Van Laethem, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid.

Le Comité de concertation maintient les mesures

Ce vendredi, un Comité de concertation a été organisé à 14h, en vidéoconférence. Il a été décidé de maintenir actuellement les mesures en vigueur afin de freiner la circulation du coronavirus. "Le Comité de concertation a constaté que notre pays se trouve toujours en situation d’urgence sanitaire. Si le nombre de contaminations est en légère baisse, le virus demeure largement répandu", indique-t-il dans un communiqué.

Les extrapolations de l’incidence et des hospitalisations indiquent que dans les deux semaines à venir, toutes les provinces se trouveront toujours en phase 4 d’alerte Covid. "Compte tenu de la réouverture des écoles ce lundi 16 novembre, une extrême prudence reste de mise et le Comité de concertation a décidé de maintenir les mesures en vigueur actuellement", conclut-t-il.

L'heure n'est donc pas encore au relâchement, comme on s'y attendait. En outre, afin de freiner la résurgence des contaminations suite à un adoucissement des mesures, il faudrait que la stratégie de dépistage retrouve une capacité suffisante pour tester les personnes asymptomatiques, et que le tracing permette à nouveau un suivi rigoureux des contacts. A bonnes sources, on nous confirme ici que les ministres de la Santé se réuniront ce samedi en vue d'arrêter une stratégie globale de testing rapide, "à implémenter à partir du début du mois de décembre". L'objectif: autoriser les tests salivaires rapides afin de pouvoir tester massivement la population. Une autre réunion aura lieu mercredi pour déterminer une stratégie de vaccination.

Réfléchir au déconfinement

Il faudra en outre vite réfléchir à la stratégie de la fin de l'année, vu que les chiffres se stabilisent voire diminuent pour certains, que l'on sait que l'adhésion de la population s'essouffle sur la durée, que de nombreuses personnes vivent des situations psychosociales compliquées et que l'économie et ses acteurs sont quasi paralysés.

Une bonne organisation, sur base des enseignements du premier déconfinement, sera de rigueur. Ça, c'est pour le Comité de concertation suivant, fixé au vendredi 27 novembre. On y évoquera également les questions du testing et des vaccins. La fermeture des commerces non essentiels doit aussi être évaluée au niveau politique le 1er décembre alors que les mesures actuelles sont prévues jusqu’au 13 décembre, après la Saint-Nicolas, mais avant Noël.

"On ne va quand même pas faire Noël via Skype."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Y aura-t-il des allègements avant cette date? Les magasins de jouets aimeraient être considérés comme essentiels en vue des fêtes de Saint-Nicolas et de Noël, sous peine de voir l'essentiel des achats de cadeaux passer par l'e-commerce et les géants d'internet.

Et tout ne sera pas relâché à la mi-décembre évidemment. Que peut-on alors espérer? Peut-être une réouverture des commerces non essentiels, mais avec des règles très strictes. Un élargissement des contacts sociaux aussi. "On ne va quand même pas faire Noël via Skype", assurait Georges-Louis Bouchez sur Bel RTL jeudi matin. Mais le président du MR de préciser qu'on ne ferait sans doute pas Noël "à dix". L'horeca, lui, devra vraisemblablement attendre plus longtemps.

"Spéculer sur Noël ne sert à rien"

Il n'y aura aucune décision quant au déconfinement dans les deux prochaines semaines, avait déjà indiqué vendredi en commission de la Chambre le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a). Spéculer sur la manière dont pourrait s'envisager le réveillon de Noël ne sert actuellement à rien, tout propos à ce sujet étant "absolument prématuré", a-t-il insisté.

"On espère se mettre d'accord sur une stratégie d'ici deux semaines, mais on navigue à vue."
Franck Vandenbroucke
Ministre de la Santé (sp.a)

 Le Comité de concertation prévu ce vendredi après-midi a seulement réalisé une évaluation de la situation, comme l'avait expliqué le ministre en commission Santé et Égalité des chances. "On espère se mettre d'accord sur une stratégie d'ici deux semaines" concernant un assouplissement ou un durcissement des règles, mais on "navigue à vue", a reconnu M. Vandenbroucke.

Et le fameux baromètre?

Le principal objectif est d'éviter une troisième vague de contaminations, a encore dit le ministre. Quant au fameux baromètre qui s'est fait désespérément attendre, il n'est "pas adapté aux défis actuels", tranche-t-il.

Néanmoins, "l'inspiration" de cet outil, à savoir le fait de "donner des perspectives à la population en vue de parvenir à une situation sûre", ne doit elle pas être enterrée, nuance Frank Vandenbroucke. "On réfléchit encore au bon instrument à mettre en place pour sortir de la deuxième vague."

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