Le confinement a plongé l'Europe en profonde récession

Gondoles à l'arrêt dans le bassin de la place Saint-Marc, à Venise. Frappée par le confinement et la baisse de l'activité touristique, l'Italie pourrait connaître une récession de 10% cette année, a prévenu son Premier ministre. ©Photo News

À -3,8%, l’économie de la zone euro a connu sur l’ensemble du premier trimestre sa plus forte baisse jamais enregistrée par son institut de statistique Eurostat, en raison des mesures de confinement mises en place depuis le mois de mars.

Les premiers chiffres sur l’effet des mesures de confinement sur l’économie européenne sont tombés jeudi. L'institut européen de statistique, Eurostat, constate au premier trimestre un recul de la production de richesse dans la zone euro de 3,8% par rapport au trimestre précédent. Cette baisse, une estimation préliminaire, est la plus forte enregistrée depuis que l'institut publie ces chiffres (1995). Le confinement, qui explique cette récession, n’a marqué que les dernières semaines de la période, l’économie va donc s’enfoncer plus profondément encore dans le rouge au cours du deuxième trimestre.

"Les scénarios de croissance produits par la BCE suggèrent que le PIB pourrait baisser de 5% à 12% cette année."
Christine Lagarde
Présidente de la BCE

Plusieurs États membres ont également publié leurs estimations, et elles sont sans surprise à l’avenant. Ainsi l’Italie, premier pays d’Europe touché par la pandémie, entièrement placée en confinement à partir du 10 mars, enregistre une baisse de son produit intérieur brut (PIB) de -4,7%. La troisième économie de la zone euro, qui déplore à ce jour quelque 28.000 décès du Covid-19, a été frappée dans son cœur économique et s'inquiète d'une mise à l'arrêt persistante du tourisme. Le Premier ministre Giuseppe Conte a averti que la récession italienne pourrait passer la barre des 10% cette année si le virus persiste.

En France, entrée en confinement le 17 mars, le PIB a baissé davantage encore, à -5,8% de janvier à mars. L'Espagne a accusé un recul de son économie à -5,2% et la Belgique à -3,9%. Les chiffres de la croissance allemande, première économie de la zone euro, ne sont attendus que pour le 15 mai.

Contraction jamais vue en temps de paix

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé s’attendre à une baisse de "5 à 12%" du PIB de la zone monétaire – une fourchette large qui reflète l’ampleur de l’incertitude au sujet de la persistance du virus et de la levée des mesures de confinement. "La zone euro fait face à une contraction économique d'une magnitude et d'une vitesse jamais vues en temps de paix", a souligné la présidente de la BCE, Christine Lagarde, jeudi. Le Fonds monétaire international table, lui, sur 7,5% de repli.

"Nous avons besoin d'un plan de relance suffisamment important, ciblé sur les économies et les secteurs les plus durement touchés, et déployable dans les mois à venir."
Paolo Gentiloni
Commissaire européen à l'Economie

"Nous avons besoin d'un plan de relance suffisamment important, ciblé sur les économies et les secteurs les plus durement touchés, et déployable dans les mois à venir", a plaidé le commissaire européen à l'Économie Paolo Gentiloni. La Commission européenne doit publier début mai ses prévisions économiques, qui serviront de socle au projet de plan de relance qu’elle doit proposer dans le courant du mois aux États membres.

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