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Le confinement jette un froid sur le marché immobilier

L'activité sur le marché résidentiel acquisitif est en baisse dans les trois régions.

Le dernier baromètre immobilier de la Fédération du notariat confirme déjà le coup d’arrêt sur le marché résidentiel provoqué par la crise du coronavirus. Mais côté prix, l’appartement d’occasion affiche sa plus forte hausse depuis 10 ans.

Il fallait s’y attendre, même si certains pensaient voir arriver ce ressac lors du deuxième trimestre 2020. Les mesures de confinement ne sont effectives que depuis la mi-mars, mais elles ont eu un impact immédiat sur le marché immobilier et dans les études notariales. "Si les transactions ne sont pas totalement à l’arrêt, il faut bien constater que le contraste est saisissant en moins d’un mois…", commente le notaire Renaud Grégoire.

Pour rappel, le baromètre trimestriel des notaires se base sur les compromis enregistrés dans ou via les études durant le trimestre écoulé. Les actes non urgents (en ce compris ceux de ventes de biens immobiliers) sont, eux, à l’arrêt depuis la semaine du 16 mars pour une durée indéterminée. En comparaison avec la même période en 2019, le nombre de transactions immobilières recensées (compromis toujours) a déjà chuté de 8% sur base trimestrielle.

10%
de baisse
C'est en Flandre que le nombre de transactions immobilières a le plus baissé au premier trimestre, avec une chute de 10%, alors qu'à l'échelle nationale, on parle de -8%.

Recul plus prononcé en Flandre

Ce coup d’arrêt brutal frappe les trois régions. Mais avec une intensité très différente de l’une à l’autre, puisqu’on enregistre un recul de 10% en Flandre, de 5,4% en Wallonie et de 0,7% seulement à Bruxelles. "En comparaison avec l’an passé à la même période, la semaine du 16 mars a connu une baisse de 27% du nombre de transactions immobilières. Pour la semaine du 23 mars, cette baisse s’élève même à 39%. Et il est probable que dans les 15 jours à venir, cette baisse d’activité dépassera les 50% par rapport à 2019", précise le notaire hutois.

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Le point commun expliquant cette baisse: le confinement dû au coronavirus. Mais difficile d’expliquer par le seul confinement un tel écart entre la Flandre et Bruxelles. Avant le coup d’arrêt brutal dû au coronavirus, la réalité du marché immobilier était déjà différente d’une région à l’autre. "Si l’on compare la période préconfinement (du 1er janvier au 17 mars) avec la même période l’an dernier, la Flandre connaissait déjà une baisse de 3% de l’activité, alors que la Wallonie voyait son activité immobilière augmenter de 3% et Bruxelles de 8%. Au nord du pays, la très forte augmentation de l’activité précédant la suppression annoncée du woonbonus fin 2019 a logiquement plombé l’activité début 2020. En Wallonie et à Bruxelles, en revanche, l’annonce des restrictions de crédit suggérées par la Banque nationale n’a pas entraîné un recul aussi marqué qu’on le craignait", commente encore le notaire.

Le prix moyen de l’appartement d’occasion a encore chauffé

Côté prix, pour la première fois depuis 2015, le prix moyen d’une maison en Belgique diminue légèrement (-0,4%) sur base trimestrielle. Le confinement, s’il se prolonge, fera peut-être gonfler à nouveau la demande pour ce type de biens, certaines familles supportant mal pour l’instant la promiscuité en appartement et en ville. Le prix moyen actuel – pondéré à 261.068 euros – pourrait donc repartir à la hausse.

À l’inverse, le prix moyen de l’appartement a pour sa part encore gonflé de plus de 5%, désormais pondéré à 241.328 euros. C’est la plus forte hausse enregistrée depuis 10 ans. Et pas sûr, avec l’arrêt brutal de la commercialisation des appartements neufs et le confinement actuel, qu’une correction ne vienne pas faire baisser ce prix de référence d’ici la fin de l’année: quand la période de confinement sera levée, il y a fort à parier que le besoin urgent de trésorerie des uns et de liquidités des autres poussera les promoteurs et propriétaires à revoir leurs prix à la baisse. Une décote qui dépendra sans doute de la durée du confinement. 

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