Publicité

Le congé parental "spécial Corona" ne vide pas les bureaux

Entre le 1er mai et le 30 juin, un congé parental Corona est possible pour tout parent d'enfant de moins de 12 ans (ou jusqu'à 21 ans pour les enfants handicapés). ©Photo News

Une semaine après son entrée en vigueur, le congé parental "spécial Corona" ne semble pas connaître de ruée. Certes, toute demande peut encore être introduite. Mais compte tenu du parcours administratif, peu de demandes ont déjà abouti.

Annoncé au début du confinement, l'arrêté royal instaurant la possibilité d'un congé parental "spécial Coronavirus" est enfin paru au Moniteur la semaine dernière. Sept jours plus tard, un petit coup de sonde dans les entreprises montre que les salariés ne se sont pas rués sur cette mesure. 

Au cabinet de la ministre de l'Emploi Nathalie Muylle, on table sur la fin du mois-début juin pour les premières données chiffrées. Compte tenu du parcours administratif, les demandes vont seulement affluer auprès de l'Office national de l'Emploi.

Concrètement, le gouvernement avait décidé qu'entre le 1er mai et le 30 juin, un congé parental Corona serait possible pour tout parent d'enfant de moins de 12 ans (ou jusqu'à 21 ans pour les enfants handicapés). Il permet de prendre un mi-temps ou un 4/5e. Il se substitue aussi automatiquement au congé parental traditionnel le temps de sa validité, avec effet rétroactif au 1er mai. Les indépendants devraient aussi prochainement pouvoir bénéficier d'un tel congé.

Pas la ruée

Une semaine après la parution du texte de loi, le résultat est donc mitigé, mais pas figé puisqu'il est toujours possible d'introduire des demandes. 

"Un tel congé est soumis à des conditions strictes et a des conséquences sur le package salarial, y compris le nombre de jours de vacances octroyé l’année suivante."
Colruyt

"Début de semaine (juste après la parution de l'AR, NDLR), nous étions à environ 600 demandes (sur environ 18.000 salariés)", indique-t-on auprès de HR-Rail, l'employeur à la SNCB. Auprès de bpost, il est question de quelques 300 demandes (sur 26.000 salariés) et de 200 (sur 15.000) chez KBC.

La FSMA indique que, comme c'est déjà le cas pour les congés parentaux traditionnels, les demandes sont très peu nombreuses.

Feu vert ou rouge?

Reste une question: ces demandes trouveront-elles un écho positif de la part des employeurs?

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

"Toutes les demandes seront acceptées, sans exception. Aucune approbation spéciale n'est donc nécessaire", explique le porte-parole de Proximus. Le message n'est pas très différent chez KBC.

Ne pas entraver le bon fonctionnement du service reste toutefois l'argument le plus souvent avancé. À la SNCB, il est ainsi question de pouvoir, quoiqu'il arrive, assurer la mission de service public.

Pour Colruyt, la balle est dans le camp du manager d'équipe. "Un premier entretien avec le supérieur permet de trouver la meilleure solution pour les deux parties". Au sein du groupe de distribution, on rappelle que de "nombreuses possibilités" sont déjà offertes pour combiner travail et vie privée. La porte-parole précise aussi "qu'un tel congé est soumis à des conditions strictes et a des conséquences sur le package salarial, y compris le nombre de jours de vacances octroyé l’année suivante."

Geert Vermeer, conseiller juridique chez SDWorx, rappelle que l'octroi du congé parental Corona doit recevoir l'aval de l'employeur, comme le congé parental traditionnel. Les modalités diffèrent certes. Là où l'employeur a trois mois pour valider ou non une demande de congé parental traditionnel, il n'en a plus que 3 jours pour le congé Corona. La demande doit aussi passer par les services de l'Onem.

352,77
euros
Les travailleurs bénéficieront d'une compensation financière de 352,77 euros net par mois pour un mi-temps et 119,68 euros net pour un 4/5e.

 

Les critiques

La Ligue des familles a fustigé le délai d'entrée en vigueur de cet arrêté. Il est vrai que si le congé était possible dès le 1er mai, sur le terrain, les services de ressources humaines attendaient la publication des dispositions pour pouvoir s'y conformer. Les demandes étaient donc en attente.

La rémunération de ce congé a aussi fait couler beaucoup d'encre. Les travailleurs bénéficieront d'une compensation financière de l'Onem, supérieure de 25% à l'allocation classique, soit 352,77 euros net par mois pour un mi-temps et 119,68 euros net pour un 4/5e.

Quel impact du Covid-19 sur vos congés?

La période de confinement, l'incertitude sur l'organisation de l'été et le télétravail influencent-ils vos congés?

"Le nombre de congés pris a diminué de 16,3% à 23% par rapport à l'année dernière. Cela signifie qu'un employé a eu en moyenne entre 1,4 et 2 jours supplémentaires à prendre au 1er mai", explique-t-on chez Proximus.

"Nous avons noté une augmentation des demandes d’annulation de congés durant cette période de confinement", précise-t-on chez bpost.

Securex indiquait qu'à Pâques, les ouvriers avaient pris 60% de vacances en moins, contre 50% pour les salariés.

Beaucoup d'entreprises ont toutefois veillé à ne pas voir trop de changements. "Nous avons demandé aux collaborateurs de prendre leurs congés comme ils étaient prévus dans le planning pré-Corona", souligne-t-on chez KBC.

Et donc qu'adviendra-t-il de ces jours non pris?

De manière générale, on note peu de changement dans la politique de congé. 

Le non-report des congés légaux d'une année à l'autre restera la norme chez Colruyt. Les dérogations qui existent à la SNCB ne seront pas modifiées; et il sera toujours possible de reporter 5 jours jusqu'au 1e mai 2020 chez Proximus, jusqu'au 30 avril chez Axa ou 10 jours, sans délai chez KBC.

Certes certains employeurs ont allongé la période de report des jours d'une année à l'autre.

 

 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité