carte blanche

Le coronavirus est une épreuve de vérité pour la vie de l'entreprise

Le coronavirus s’impose aux organisations comme un ‘test décisif sans précédent’, qui indique si les choses fonctionnent bien ou pas. Cette expression est utilisée dans des contextes où il y a des doutes sur, par exemple, la qualité, l'influence ou l'importance de quelque chose; c’est en quelque sorte "le test ultime".

Ne vous y trompez pas: le marché du travail est depuis longtemps un challenge pour les entreprises. En effet, avant même la crise du Covid-19, nous observions des menaces telles que le vieillissement, les évolutions technologiques, la mondialisation et la "guerre des talents". Des mini tests qui obligeaient déjà les entreprises à s'adapter à un environnement en constante évolution. Or, c’est maintenant que nous vivons le véritable test: ‘le test ultime’.

Des mesures qui touchent tous les niveaux

Sous la pression du gouvernement, la crise sanitaire a obligé les organisations à prendre un large éventail de mesures inédites telles que le télétravail généralisé, la réduction des activités et le chômage temporaire pour réduire les coûts fixes. Le plus inédit peut-être est que ces mesures touchent tous les niveaux: des collaborateurs opérationnels aux membres de la direction.

Frank Vander Sijpe et Patrick Lootens sont respectivement directeur HR Research et responsable Innovation chez Securex.

L'avenir nous dira quelles entreprises ont réussi à mettre en place une stratégie efficace de gestion des talents, qui implique de trouver un compromis entre les compétences et activités considérées comme "essentielles" et celles qui sont qualifiées de (temporairement) "non essentielles". Ces dernières pouvant être exercées par des externes tels que des indépendants ou des intérimaires, la question est de savoir qui garder sur le pay-roll. D’autres questions, non moins sans importance, sont: comment rendre l’organisation plus agile face à la crise? Comment répondre rapidement et efficacement aux demandes des clients alors que les compétences ne sont plus réunies sous un même toit? Et comment conserver les talents? Ce ne sont pas des questions faciles.

La question est de savoir qui garder sur le pay-roll.

En temps de crise, "on apprend à connaître ses vrais amis", dit l’expression. Il en va de même pour le marché du travail. En effet, de nombreuses entreprises s’attacheront, dans un premier temps, à maîtriser les coûts par le biais de restructurations et d'éventuels licenciements collectifs. Or, une bonne gestion des talents – même en temps de crise – permet de retenir, mais également d’attirer de nouveaux talents. Ceci garantira un avantage concurrentiel dans l’ère post-coronavirus.

Communiquer ouvertement

En plus d’une bonne gestion des talents, un leadership fort et une communication claire seront essentiels. Ce sont les entreprises qui ont toujours communiqué ouvertement avec leurs employés, qui allient équité et empathie, et qui ont réussi à créer une sorte de sentiment communautaire, qui ont les employés les plus compréhensifs. Ils comprendront les mesures souvent impopulaires qui ont dû être prises – bien que temporairement – pour préserver les chances de survie de l'organisation à plus long terme.

Mais, lorsque dans quelque temps, la "guerre des talents" réapparaîtra, il faudra observer dans quelle mesure le sentiment communautaire résistera à l'offensive des autres entreprises. Une autre expression dit: "la confiance est difficile à gagner et facile à perdre". En effet, après une période de restructuration, et dès que l'économie sera à nouveau remise sur pieds, nous connaîtrons un retour à la pénurie des talents et donc une relance des enchères pour trouver les bons profils.

Derrière notre société mondialisée se cache un écosystème humain très fragile, comme le montre la crise sanitaire actuellement. Le coronavirus bouleverse notre quotidien: notre liberté, nos relations, notre travail. Cela laissera des traces profondes, y compris dans les entreprises. C’est l’épreuve de vérité.

Lire également