Le coronavirus met les examens sur la sellette

Les élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles devront-ils passer des examens en fin d'année? Avec le confinement, le doute s'installe. ©BELGA

Un confinement prolongé au-delà du 19 avril ne serait pas sans conséquence pour les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles: examens et épreuves certificatives pourraient passer à la trappe.

Les cours reprendront-ils dans les écoles après les vacances de Pâques? Cette question taraude aujourd'hui parents, enseignants et élèves. Pour l'heure, les enfants et les jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) ont manqué trois semaines d'enseignement en présentiel. Si cette situation n'est pas idéale, elle reste gérable, estiment plusieurs acteurs du secteur.

Une éventuelle prolongation du confinement au-delà du 19 avril impliquera toutefois la prise de nouvelles décisions, tant en ce qui concerne les apprentissages que les épreuves prévues en fin d'année

"Preteaching"

En Flandre, les différentes parties prenantes sont déjà parvenues à un accord sur certains de ces points. En cas de non-réouverture des écoles après les vacances, les enseignants recourront notamment au "preteaching", a annoncé lundi le ministre de l'Éducation, Ben Weyts (N-VA). Autrement dit, de nouvelles matières seront abordées à distance, mais revues en classe une fois que les cours reprendront.

Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, aucune décision en ce sens n'a été prise, mais la concertation se poursuit. Une nouvelle réunion s'est d'ailleurs tenue mardi entre les acteurs du secteur (pouvoirs organisateurs, syndicats...) et la ministre francophone, Caroline Désir (PS).

"A mesure que le confinement va se prolonger, la question de savoir comment assurer la prolongation des apprentissages, d'un point de vue technologique, mais aussi en termes de contenu va se poser."
Un acteur de l'enseignement

Pour l'instant, les règles restent donc les mêmes en FWB: les enseignants peuvent donner des travaux à domicile, à condition de ne pas aborder de nouvelles matières. S'ils décident d'employer des modules d'apprentissage en ligne, ils doivent en outre s'assurer que tous les élèves disposent du soutien et du matériel pour s'y consacrer dans de bonnes conditions.

Bien qu'elle ait été abordée en filigrane lors de la réunion, l'option du "preteaching" n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour. "À mesure que le confinement va se prolonger, la question de savoir comment assurer la poursuite des apprentissages, d'un point de vue technologique, mais aussi en termes de contenu va se poser. L'idée avancée en Flandre mérite en tout cas de faire l'objet d'une réflexion", nous glisse un participant.

"Avant de penser à installer de nouveaux apprentissages pendant le confinement, il faut peut-être accorder de l'importance à ceux qui se retrouvent en décrochage."
Roland Lahaye
Président de la CSC-Enseignement

Du côté syndical, le président de la CSC-Enseignement, Roland Lahaye, ne semble pour l'heure pas séduit par cette approche. "Avant de penser à installer de nouveaux apprentissages pendant le confinement, il faut peut-être accorder de l'importance à ceux qui se retrouvent en décrochage, parfois bien malgré eux", lance-t-il.

Examens

Quant au déroulement des examens et des certifications, une question qui inquiète beaucoup de parents, les acteurs répètent qu'ils trancheront en temps voulu. Bref, avant la fin des vacances de Pâques ou une nouvelle annonce du Conseil national de sécurité, aucune décision ne devrait être arrêtée.  

"Entre le 20 avril et le 3 mai, c'est une zone grise."
Joseph Thonon
Président de la CGSP-Enseignement

Trois scénarios sont aujourd'hui sur la table. Dans le cas d'une reprise des cours le 20 avril, les épreuves devraient pouvoir se tenir normalement. "Entre le 20 avril et le 3 mai, c'est une zone grise. Certains estiment que c'est encore possible, tandis que d'autres jugent que ce ne sera déjà plus gérable", nous explique le président de la CGSP-Enseignement, Joseph Thonon.

Au-delà du 3 mai par contre, tous les acteurs semblent s'accorder quant à l'impossibilité de maintenir des épreuves certificatives. Dans un tel scénario, la piste privilégiée serait alors de confier l'évaluation du parcours des élèves aux conseils de classe. Le coronavirus, qui a déjà chamboulé les habitudes des élèves, est désormais en passe d'avoir raison de leurs examens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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