Le Covid et l'angoisse s'insinuent à nouveau dans les maisons de repos

Le personnel est, cette fois, équipé et formé. Mais l'absentéisme menace les maisons de repos. ©Photo News

Le nombre de cas de contamination en maison de repos n'est pas encore inquiétant. Pourtant, le secteur s'inquiète. L'absentéisme, notamment dû aux quarantaines, pèse de plus en plus.

En Wallonie, 90% des institutions de soins restent exemptes de Covid, comme en Flandre. À Bruxelles, 80% ne sont pas contaminées. Un bulletin correct mais pourtant, l'inquiétude est là. Au sud du pays, 25 établissements, sur 602 au total, sont considérés comme des clusters (foyers/groupes à risque) parce qu'ils comptent plus de 10 cas parmi le personnel et les résidents. Vincent Frédéricq, le secrétaire général de la Femarbel, évoque le cas d'un home où 80% de la population est positive.

"La situation est inquiétante, mais pas explosive."
Vincent Frédéricq
Secrétaire général de la Femarbel

"La situation est inquiétante, mais pas explosive", dit-il. Clairement, rien à voir avec le printemps dernier. "Il n'y a pas de hausse généralisée et linéaire. Mais les maisons de repos situées dans un environnement urbain, où la densité est importante, sont plus touchées", note encore le responsable de cette fédération qui représente, avec quelque 50.000 lits, 65% de l'offre dans la capitale, 54% en Wallonie et 25% en Flandre, par le biais de son pendant flamand Vlozo.

Cette fois, les maisons de repos sont équipées en masques, charlottes, surchaussures... Il se dit que les gants commencent à manquer sur le marché international, mais pour le moment, il y a du stock chez nous. Le personnel a été formé aussi et il y a des tests.

"Le personnel, on le trouve où?"

"Comment expliquer des dizaines de cas dans un même établissement?"
Vincent Frédéricq
Secrétaire général de Femarbel

Pourtant, la fédération des maisons de repos tire la sonnette d'alarme: le personnel est fatigué, les congés non pris se sont accumulés, les certificats pour quarantaine se multiplient. L'absentéisme pèse. Si les écoles venaient à fermer, le bateau tanguerait. Le secteur risque de manquer de bras. "Mais le personnel, on le trouve où?", s'interroge Vincent Frédéricq. S'il n'est pas possible de recruter, la solution ne peut se trouver qu'en réduisant autant que possible les contaminations, dans toutes les couches de la société. On en revient aux mesures de base encore trop peu respectées. "2 ou 3 cas dans un établissement, ça se comprend par la transmission à la maison", résume le secrétaire général de Femarbel. "Mais comment expliquer des dizaines de cas dans un même établissement? Nous ne pouvons que plaider pour le respect rigoureux des règles." Et de citer des familles qui tiennent encore à tout prix "faire un câlin" à leur proche placé en home, au mépris des précautions basiques.

6 jours pour les résultats d'un test

L'autre inquiétude porte sur les tests. Les délais d'analyse par les laboratoires s'allongent suite à une surcharge de travail. Il faut souvent attendre 4, 5, voire 6 jours pour avoir les résultats. Conséquence? "Pendant ce temps-là, on peut être dangereux pour les autres, on ne se sent pas bien, au moins moralement, et si le télétravail n'est pas envisageable, on est absent. Nous plaidons pour l'utilisation des tests rapides!" On sait que le sujet est sur la table du RAG (Risk Assessment Group), que ces tests antigéniques, écartés lors de la première crise chez nous parce que trop peu fiables, sont utilisés en France et en Allemagne et que leur capacité de détection du virus s'est améliorée.

"Nous plaidons pour l'utilisation des tests rapides."
Vincent Frédéricq
Secrétaire général de Femarbel

Une autre menace plombe le fonctionnement des maisons de repos. Suite à la situation dramatique dans ces institutions au printemps dernier, nombre de lits se retrouvent vides. Après les départs, il y a les réticences pour rejoindre un home. Cela constitue un manque à gagner pour les institutions. "Certaines pourraient devoir licencier du personnel de soins. Et si on ne veut pas sacrifier l'emploi, ça devient simplement une question de survie de l'établissement", pointe le responsable de Femarbel, qui demande à tout le moins la prolongation des mesures de compensation accordées lors de la première vague.

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