Le gouvernement italien ferme toutes les écoles jusqu'au 15 mars

Le gouvernement italien a décidé de fermer toutes les écoles du pays. ©EPA

Fermeté absolue et uniforme à l’échelle nationale. Le gouvernement de Giuseppe Conte a déployé les gros moyens pour endiguer au mieux l’épidémie de coronavirus qui s’étend en Italie.

En ordonnant la fermeture de toutes les écoles et les universités du pays jusqu’au 15 mars, l’exécutif italien essaye aujourd’hui de faire face à une urgence qui, avant même d’être sanitaire, est politique.

"Nous sommes confrontés à un virus très contagieux qui pourrait mettre en péril notre système sanitaire national. Il faut faire le maximum pour contenir l’épidémie", avait souligné le virologue Roberto Burioni. "Je suis donc étonné de constater que l’on discute encore sur l’intérêt de fermer ou pas les établissements scolaires. Nous devrions nous poser la question de comment et quand le faire!"

107
morts
Le coronavirus a fait 107 morts en Italie depuis le début de l'épidémie, selon un bilan officiel publié mercredi soir, qui fait état de 3.089 cas dans le pays, le troisième le plus touché au monde après la Chine et la Corée du Sud.

Une prise de position qui ne fait pas l’unanimité. La décision de Rome a été saluée par Attilio Fontana, le gouverneur de la Lombardie actuellement placé en quarantaine, qui préconise une standardisation des mesures déjà prises dans sa région. Mais cette prudence gouvernementale est au contraire considérée comme délétère pour le système économique italien par bien d’autres représentants politiques.

"Il faut impérativement affecter des fonds de soutien aux familles qui ont des enfants à la maison," a déclaré le secrétaire de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini.

Le gouvernement voudrait débloquer, si l'Union européenne l'y autorise, 3,6 milliards d’euros pour voler au secours d’une économie déjà à bout de souffle mais Salvini ainsi que l'ancien Premier ministre Matteo Renzi (Italia Viva) considèrent que l’effort budgétaire prévu est largement insuffisant.

Course contre la montre

Au cours d’une récente réunion de crise, l’exécutif a aussi décidé de rappeler à la tâche les médecins à la retraite et d’augmenter les lits disponibles dans les hôpitaux.

"Notre objectif est une augmentation des places de l’ordre de 50% pour les unités de soins intensifs et une augmentation de 100% pour les services de pneumologie," a déclaré le ministre de la Santé, Roberto Speranza.

«Notre objectif est une augmentation des places de l’ordre de 50% pour les unités de soins intensifs et une augmentation de 100% pour les services de pneumologie.»
Roberto Speranza
Ministre de la Santé

Une course contre la montre qui pousse les autorités à afficher un aplomb mais aussi une rigidité sans précédents.

Interrogée sur l’utilité de la fermeture des établissements scolaires, la ministre de l’Education, Lucia Azzolina, a déclaré à la presse italienne "qu’il est désormais nécessaire d'exiger un sens des responsabilités sans faille de la part de toutes les écoles nationales".

Une intransigeance politique qui fait trembler ceux qui s’inquiètent pour l’image internationale du pays. "Le gouvernement continue à semer panique et incertitude," s’est écrié hier le porte-parole de Forza Italia, Giorgio Mulé.

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