Le gouvernement jouera "vaccin sur table" pour gagner la confiance de la population

Frank Vandenbroucke (sp.a), ministre fédéral de la Santé. ©Photo News

Le gouvernement jouera la carte "de l'information et de la transparence totales" dans le cadre de la vaccination contre le Covid-19, a assuré jeudi Frank Vandenbroucke.

La confiance des citoyens sera l'un des éléments essentiels d'une campagne de vaccination. "Ce sera vaccin sur table", a lancé jeudi le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (sp.a), devant la Chambre en réponse à de nombreuses questions, reprenant à son compte une expression du député Daniel Bacquelaine (MR).

La certification des vaccins se fera à l'échelle européenne par le biais de l'Agence européenne des médicaments (AEM). La Belgique a donné instruction à sa délégation d'obtenir les réponses à toutes les questions qui se posent même si la procédure devait en être plus longue. "Et je pense que ce sera l'instruction de tous mes collègues en Europe", a ajouté M. Vandenbroucke.

"Le manque d'anticipation dans cette crise a été légion. Il ne faudrait pas commettre une nouvelle erreur avec la vaccination."
Laurence Zanchetta (PS)

Plusieurs députés ont exhorté le gouvernement à soigner sa communication à l'égard de la population où la méfiance demeure importante. Laurence Hennuy (Ecolo) a appelé à la "transparence". "Les mouvements anti-vaccins font des ravages sur les réseaux sociaux", a averti Sophie Rohonyi (DéFI). "Le manque d'anticipation dans cette crise a été légion. Il ne faudrait pas commettre une nouvelle erreur avec la vaccination", a renchéri Laurence Zanchetta (PS).

"Les efforts fournis paient"

Le ministre et le Premier ministre, Alexander De Croo, ont confirmé que l'instruction d'être prêt à commencer la vaccination à partir du 5 janvier avait été donnée aux services compétents même si cette échéance, qui correspond "au meilleur scénario" de disponibilité d'un vaccin, n'est pas encore certaine.

Le Premier ministre a par ailleurs mis en avant le résultat des efforts fournis par la population dans la lutte contre le coronavirus: la Belgique se classe aujourd'hui dans les meilleurs élèves européens. La décision prise à la fin octobre de fermer les commerces non essentiels et de suspendre les activités des professions de contact n'a pas été acceptée sans peine et a suscité la polémique après les déclarations du ministre de la Santé évoquant la nécessité d'"un choc" dans la population. "Ce sont des décisions très difficiles", a reconnu M. De Croo devant la Chambre.

Le Premier ministre a toutefois rappelé qu'elles étaient fondées sur des avis scientifiques "très clairs" et qui mettaient garde contre "l'implosion" des soins de santé face à la croissance alarmante des hospitalisations. "Ces sacrifices ont donné des résultats", a-t-il ajouté: du bas de classement européen de la maîtrise de la pandémie, la Belgique est passée dans les meilleures places, seuls 5 pays font mieux qu'elle aujourd'hui.

Pas de relâchement en vue

"Je comprends la déception mais ne jetons pas en quatre jours ce que nous avons réalisé durant quatre semaines."
Alexander De Croo
Premier ministre

Pas question toutefois de relâcher les efforts à l'approche des fêtes de fin d'année, malgré les appels lancés en faveur d'un léger assouplissement pour la Noël par plusieurs dirigeants politiques. "Je comprends la déception mais ne jetons pas en quatre jours ce que nous avons réalisé durant quatre semaines", a une nouvelle fois répété le Premier ministre. "Les gens comprennent", a-t-il assuré, en citant l'étude périodique menée par l'Université d'Anvers depuis le début de la crise.

A ses yeux, le plus beau "message d'humanité" qui puisse être délivré à la Noël est celui de la protection des plus faibles, victimes de l'épidémie.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité