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Le marché du travail tourne au ralenti

©TD_TR

Le taux de travailleurs à la recherche d’un autre emploi est historiquement bas. Ce constat d’immobilisme est aujourd’hui renforcé par le peu de postes vacants publiés par les offices régionaux de l’emploi.

En ces temps d’incertitude, les travailleurs s’accrochent plus que jamais au travail qu’ils occupent: 40% déclarent ne pas être ouverts à saisir une nouvelle possibilité d’emploi, si celle-ci devait se présenter, et 65% n’ont plus réagi à une offre d’emploi depuis six mois.

C’est ce qu’observe Acerta, fournisseur de services RH, dans son enquête annuelle (réalisée auprès de 1.020 sondés) sur la mobilité des travailleurs sur le marché du travail. Une enquête qui, en raison du hasard du calendrier, est tombée cette année en plein confinement pour cause de Covid-19.

De manière peu surprenante, 18% des travailleurs interrogés craignent de perdre leur emploi en raison de la crise sanitaire. Autrement dit, près d’un travailleur sur cinq craint donc que les licenciements seront inévitables. Seuls 10% des travailleurs déclarent être activement à la recherche d’un autre emploi, contre 12% en 2019, un pourcentage qui était déjà historiquement bas.

"Nous sommes passés d’une mobilité de l’emploi qui était encore très présente il y a cinq ans, à une immobilité de l’emploi. La crise du coronavirus a donné un coup de pouce supplémentaire à cette tendance", explique Benoît Caufriez, directeur chez Acerta. Par contre, il précise que cette frilosité apparente ne signifie pas que les collaborateurs ne sont pas disposés à exercer de nouveaux rôles ou de nouvelles tâches au sein de la même organisation.

Offres d’emploi en chute libre

Ce constat d’immobilisme du marché du travail est confirmé par les chiffres des offices régionaux de l’emploi. En mars 2020, le Forem (l’office de l’emploi en Wallonie) a diffusé 18.743 offres d’emploi, ce qui représente une diminution de 16% par rapport à février 2020 et 21% par rapport à mars 2019.

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En mars 2020, le Forem a diffusé 18.743 offres d’emploi, ce qui représente une diminution de 21% par rapport à mars 2019.

À Bruxelles, les offres d’emploi ont baissé de 7,6% entre mars 2019 et mars 2020. Mais il y a de grandes différences entre le début et la fin du mois. Si le volume des offres d’emploi a encore augmenté de 4,4% lors de la première quinzaine de mars, à partir de la mi-mars, soit juste après le confinement, il a diminué de 24%.

En Flandre enfin, les offres d’emploi directement transmises au VDAB ont baissé d’un tiers au mois de mars 2020 comparé à mars 2019. La baisse est la plus prononcée dans les services aux entreprises (-44,4%), dans le commerce de gros et de détail (-44,7%) et, davantage encore, dans l'horeca et le tourisme (-61,6%). L’agriculture et l’horticulture font exception, le début des récoltes nécessitant au contraire une main-d’œuvre saisonnière abondante.

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