Le monde d'après? "L'approche à favoriser est l'abondance de data"

Le confinement a permis à la population de découvrir de nouveaux moyens de communication. ©AFP

Le secteur des télécoms fait partie des ‘moins perdants’ du confinement. La période de crise a toutefois modifié nos manières de communiquer. Les habitudes des consommateurs et celles des entreprises ne seront plus les mêmes. En réalité, cela se voit déjà.

Michaël Trabbia, le CEO d’Orange Belgique, l’a confirmé jeudi à l’occasion de la présentation des résultats trimestriels. En cette période, le secteur n’est clairement pas le plus à plaindre. Si les ventes en magasin sont forcément bloquées, l’essentiel de l’activité reste opérationnel. Les services fonctionnant toujours sont principalement financés par abonnement, ce qui limite les pertes. Du côté des infrastructures, elles tiennent toujours bon, malgré le boom d’utilisation. Bonne nouvelle pour le secteur, qui a pu profiter de la situation pour démontrer au grand public son indispensabilité.

"Les gens se sont adaptés. Certains ont découvert de nouveaux moyens pour téléphoner."
L'IBPT
Le régulateur du secteur

Le secteur pourrait-il être considéré comme un des gagnants de la période de confinement? On dira plutôt qu’il fait partie des moins perdants. Côté positif, les opérateurs ont effectivement amélioré leur image en assurant la couverture sans couac majeur et en offrant des services complémentaires. Ils n’en tireront toutefois rien au niveau financier. Il faut de plus faire avec des baisses de rentrées d’argent sur certaines sources de revenus.

Les services IT, proposés aux entreprises, sont forcément en baisse et il faudra faire avec des défauts de paiement de clients en difficulté ou forcés de mettre la clé sous la porte. Autre ombre au tableau, les frais de roaming risquent bien de fondre à l’arrivée du soleil d’été. Bien moins importante qu’auparavant, la baisse de cette source de revenus ne passera pas pour autant inaperçue.

Les habitudes changent déjà

Une fois la perte évaluée, il faudra gérer l’après-confinement. Les habitudes de communication changeront, c’est certain. En réalité, c’est déjà en partie le cas. Dès le début du confinement, les hausses de consommation de données fixes et de la voix ont grimpé en flèche. Il fallait bien garder le contact avec les collègues. Le téléphone fixe ou mobile semblait alors être la solution évidente. Mais l’importante hausse sur le réseau voix s’est calmée, quelques semaines après le début du confinement. La raison ? "Les gens se sont adaptés. Certains ont découvert de nouveaux moyens pour téléphoner via WhatsApp, par exemple. Ils ont aussi appris à connaître des systèmes de vidéoconférence qu’ils n’utilisaient pas avant", nous expliquait-on récemment du côté de l’IBPT.

"On peut s’attendre à des évolutions car le confinement a accéléré les choses."
Michaël Trabbia
CEO d'Orange Belgique

Des changements dans les consommations sont donc à attendre. Les conséquences pratiques pour les opérateurs devraient toutefois être limitées. "Effectivement, on peut s’attendre à des évolutions car le confinement a accéléré les choses", explique Michaël Trabbia, le CEO d’Orange Belgique. "Mais l’évolution de consommation n’est pas un phénomène nouveau. Aujourd’hui, un client consomme en moyenne 5 GB par mois de données contre 1,7 il y a seulement trois ans. Avant le confinement, la voix n’était déjà plus un facteur différenciant", assure-t-il.

De là à proposer uniquement des offres data ? Certains s’y sont déjà essayés avec des succès plutôt relatifs. "Il ne faut pas se limiter dans une offre spécifique", répond le patron. "L’approche à favoriser est celle de l’abondance de data", explique le patron d’Orange.

Les évolutions se feront aussi sentir du côté de l’offre BtoB, qui sera plus adaptée à une organisation où le télétravail fera partie des habitudes. Il faudra répondre aux demandes concernant le travail à distance avec des services adaptés comme le cloud. "Cela aura aussi des influences sur la demande de solutions spécifiques de cybersécurité. Nous voyons déjà que plus d’entreprises s’y intéressent", assure le patron d’Orange.

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