Le Parlement européen met fin aux vols à vide

Des avions au sol à l'aéroport de Munich. ©EPA

Les députés européens adoptaient ce jeudi soir en urgence et à distance trois mesures liées au Covid-19.

Au Parlement européen aussi, le système D est de mise. Ce jeudi, ses 704 membres votaient en urgence trois propositions législatives alors que l’écrasante majorité d’entre eux n’avait pas accès à l’hémicycle. 

En temps normal, la présence de chaque élu est requise pour enregistrer son vote. Le Parlement, première institution à Bruxelles à avoir mis le gros de ses activités en veille, a décidé, vu les circonstances, d'opter pour un vote en ligne. C'est par courrier électronique que les membres transmettaient leurs votes.

Trois mesures de la première heure

Les trois textes sur la table avaient été proposés en urgence par la Commission au début de la phase européenne de la crise du Covid-19.

Ils devaient notamment mettre un terme à la règle qui a poussé des compagnies aériennes à faire voler des avions à vide, aberration environnementale qui a fait grand bruit au début de la phase européenne de l’épidémie. La législation européenne qui encadre l'allocation de créneaux horaires dans les aéroports de l'Union contient une règle "utilisez-le ou vous le perdez": le transporteur aérien doit utiliser au moins 80% des créneaux horaires qui lui sont attribués pour les conserver. La nouvelle législation prévoit de considérer tous les créneaux comme ayant été utilisés par les compagnies concernées sur la période allant du 1er mars au 30 juin.

"En temps normal, il faut au moins six mois au législateur pour amender et adopter un texte, cette fois, quinze jours auront suffi."

Le Parlement validait aussi l’initiative d'investissement en réponse au coronavirus (CRII): la Commission avait proposé en urgence de mobiliser 37 milliards d’euros d’investissement pour répondre rapidement aux besoins des secteurs les plus exposés, à commencer par la santé. Huit milliards d’euros de préfinancements non dépensés dans le cadre des fonds structurels (92 millions pour la Belgique) seraient complétés par 29 milliards du fonds européen d’investissements stratégiques. Une réponse rapide, en attendant le déploiement d’initiatives plus ambitieuses – la Banque européenne d’investissement espère mobiliser 240 milliards.

Était également validée jeudi l’extension du fonds européen de solidarité: prévu pour les catastrophes naturelles, il sera élargi aux crises sanitaires majeures pour permettre aux pays les plus touchés d’obtenir jusqu'à 800 millions d'euros d'aide cette année.

En temps normal, il faut au moins six mois au législateur pour amender et adopter un texte, cette fois, quinze jours auront suffi. L'autre institution législative de l'Union, le Conseil (ministres), devrait adopter les trois textes sans débat lundi, par procédure écrite.

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