Le personnel soignant sera vacciné dès le mois de février

La Belgique a décidé de décongeler deux fois plus vite ses doses Pfizer. Au lieu de garder au frais, et de sécuriser, la seconde dose pour toute personne ayant reçu la première, celle-ci sera utilisée pour avancer le planning de vaccination du personnel soignant. Ce qui suppose de renouveler le stock dans les temps, pour que les secondes doses puissent malgré tout être injectées après 21 jours. ©AFP

C'est décidé, même si cela doit encore être coulé dans le marbre. La Belgique ne laissera plus de doses du vaccin Pfizer dormir dans ses frigos, afin de sécuriser la seconde injection. Histoire d'accélérer le rythme de vaccination.

"Il n'y a pas moyen d'aller plus vite", entendait-on encore ce lundi du côté de la task force "vaccination". Eh bien, ce mardi, il est apparu qu'accélérer la cadence était "un petit peu possible" - c'est Yvon Englert, délégué général Covid-19 pour la Wallonie et porte-voix de ladite plateforme, qui l'a affirmé sur le plateau de la RTBF.

Reprenons. Alors que la campagne de vaccination de masse a débuté ce 5 janvier, la polémique fait rage. La Belgique traînerait la patte, et ferait bien de s'inspirer des pays où cela vaccine à tour de bras, Israël en tête. Sauf que c'est compliqué, tous les États membres étant livrés suivant un calendrier européen, en fonction de leur population. Autrement dit, toute l'Europe avance au même pas.

Mais voilà. La pression était devenue trop forte, le coup de grâce ayant été porté par la lettre adressée au ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a) par le personnel soignant, demandant une vaccination sans délai. Appel entendu, le ministre ayant demandé à la task force de plancher sur une accélération, qui devrait être présentée à la Chambre vendredi.

260.000
Membres du personnel soignant
Qu'il oeuvre en première ligne (120.000) ou en milieu hospitalier (140.000), le personnel soignant venait en bonne place dans l'ordre des priorités, juste après les résidents et le personnel des maisons de repos. Mais vu la pression, le calendrier sera resserré, et le personnel soignant sera vacciné dès février, sans attendre le début du mois de mars. Une accélération, doublée d'une légère prise de risque.

N'allez pour autant pas croire que le personnel soignant avait été oublié. Il figurait en bonne place sur la liste des priorités, dès la première phase (1a) de la campagne de vaccination. Mais oui: qu'il oeuvre en milieu hospitalier (140.000) ou en première ligne (120.000), il venait juste après les maisons de repos. Une stratégie délibérée, puisqu'il s'agissait de protéger les plus faibles d'abord, qui ont payé le plus lourd tribut au virus et sont le plus susceptibles de développer la forme grave de la maladie, mettant ainsi sous pression le système hospitalier.

Cet ordre de priorité ne sera pas modifié, par contre le déroulement subira un coup d'accélérateur. Vu les circonstances, au diable la prudence qui poussait jusqu'ici la Belgique à sécuriser, pour chaque personne vaccinée, la seconde dose du vaccin Pfizer/BioNTech, à administrer 21 jours plus tard. Soit autant de doses dormant à -80 degrés.

"L'approvisionnement en vaccins ne s'accélère pas, mais il se sécurise."
Yvon Englert
Délégué général Covid-19 pour la Wallonie

"L'approvisionnement en vaccins ne s'accélère pas, mais il se sécurise", explique Yvon Englert. D'une part, davantage de certitude semble entourer le planning des livraisons effectuées par Pfizer. D'autre part, il se murmure que l'Agence européenne des médicaments émettra ce mercredi un avis favorable à Moderna, ce qui ferait entrer rapidement un second vaccin dans la danse.

Soyons clairs: l'idée n'est pas de postposer la seconde injection, mais d'utiliser les doses qui lui étaient réservées pour doubler le tempo de la première injection, en supposant que les livraisons permettront de renouveler le stock dans les temps. Autrement dit, avec deux doses, alors qu'on prévoyait de vacciner une personne, il devrait être possible d'en piquer deux dès la semaine prochaine.

De quoi permettre de démarrer la vaccination du personnel soignant dès février, sans attendre mars comme initialement prévu - enfin, il serait plutôt question de la mi-février. Pas une accélération ébouriffante, mais ce serait toujours ça de pris.

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