analyse

Le plan belge contre le coronavirus

La ministre de la Santé, Maggie De Block, l'assure: la Belgique est prête en cas d'arrivée du coronavirus. ©BELGA

La Belgique dispose d'un plan en trois phases contre le Covid-19. Pour l'heure, seule la première d'entre elles a été enclenchée. Plus de 220 échantillons ont déjà été testés négatifs dans le laboratoire de référence.

Le pays est prêt en cas d'arrivée du coronavirus. La ministre de la Santé publique, Maggie De Block, l'assure depuis plusieurs jours. Si un plan articulé en trois phases a été élaboré par les autorités, il n'empêche pas l'un ou l'autre "petit couac" de survenir, estime le président honoraire de l'Association des syndicats médicaux (ABSyM), Jacques De Toeuf.

Durant la première phase du plan, celle où l'on se trouve, l'objectif reste de maintenir le virus en dehors des frontières grâce à une surveillance adéquate du territoire. Tous les médecins disposent "de procédures claires pour détecter et traiter un patient qui pourrait être infecté", peut-on lire dans une note de la ministre.

Généralistes anxieux

Si la plupart des généralistes ont bien reçu ces consignes, le docteur De Toeuf observe qu'elles ont été transmises via des canaux électroniques, ce qui a eu pour conséquence d'exclure certains praticiens. D'autres ont parfois été confrontés à des informations contradictoires en contactant des établissements hospitaliers, explique-t-il.

"Nous sommes conscients des soucis et de l'anxiété exprimés par certains médecins et nous réfléchissons à la manière de les informer au mieux", nous assure la porte-parole du SPF Santé, Vinciane Charlier. En cas de suspicion de coronavirus, ces professionnels doivent prendre contact avec le service de surveillance infectieuse avec lequel ils décideront éventuellement de prélever un échantillon. Ce dernier sera collecté directement par le médecin ou à l'hôpital le plus proche avant d'être envoyé au labo de référence.

"Nous sommes conscients des soucis et de l'anxiété exprimés par certains médecins et nous réfléchissons à la manière de les informer au mieux."
Vinciane Charlier
Porte-parole du SPF Santé

Vinciane Charlier insiste par ailleurs sur le fait qu'il est demandé aux personnes présentant des symptômes de ne pas se rendre dans les hôpitaux d'initiative, mais bien de prendre contact avec leur médecin et de rester chez elles. Ce point est crucial. "La seule porte d'entrée des hôpitaux reste leurs urgences. Or, si un malade suspect s'y rend, il est mélangé aux autres. Il n'y a pas un circuit réservé à ces patients" dans tous les centres hospitaliers, abonde Jacques De Toeuf.

Le CHU Saint-Pierre à Bruxelles et l'UZ d'Anvers sont actuellement les hôpitaux de référence pour les patients suspectés d'être infectés. Dans l'établissement bruxellois, un circuit spécifique a été aménagé pour les personnes à risque, tandis que des installations séparées sont en construction dans celui de la Métropole. Ces dernières devraient être opérationnelles dès ce vendredi. 

A titre de précaution, la Belgique a par ailleurs participé à un achat groupé européen de masques buccaux et d'équipements de protection.

Phases 2 et 3

Jusqu'à présent, 222 échantillons ont été testés au laboratoire de la KULeuven et un seul cas de contamination a été relevé. N'étant plus infecté par le virus, le patient concerné a pu quitter le CHU Saint-Pierre le 15 février.

"On n'arrête pas un virus avec de bonnes intentions."
Dr Jacques De Toeuf
Président honoraire de l'ABSyM

La Belgique passera à la phase 2 du plan uniquement si de nouvelles contaminations se produisent. Le cas échéant, les patients seront isolés dans un "service spécialisé pour y être soignés en toute sécurité". Toutes les personnes avec lesquelles ils ont eu des contacts étroits seront répertoriées et placées sous surveillance. Un passage à cette nouvelle phase est un scénario fort probable d'après le docteur De Toeuf: "On n'arrête pas un virus avec de bonnes intentions".

Quant à la phase 3, elle ne sera enclenchée qu'au cas où de nombreuses infections se déclarent. En fonction de leur état, les patients seront traités à l'hôpital ou à domicile. Des mesures telles que celles prises en Italie (annulation des grandes réunions, fermeture d'écoles, ...) ne sont pas exclues

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