Le plasma, une piste parmi d'autres contre le Covid-19

La transfusion de plasma se base sur un transfert d'immunité passive. ©EPA

Si le traitement par transfert de plasma a déjà produit des résultats, son efficacité exacte fait encore débat, faute d'études cliniques exhaustives.

Quelle est la portée de l'annonce faite dimanche soir par le président américain Donald Trump, qui a indiqué que l'agence américaine du médicament (FDA) avait autorisé en urgence la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés? Il s'agit en réalité d'un traitement qui est déjà largement utilisé aux États-Unis et dans d'autres pays.

La transfusion du plasma contenant des anticorps se base sur le transfert d'immunité passive. La technique vise à permettre aux malades d'éliminer plus vite le virus et de limiter les dégâts sur l'organisme. Si le traitement a déjà produit des résultats, son efficacité exacte fait encore débat, faute d'études cliniques exhaustives. Et il présente un risque d'effets secondaires et de transmission d'agents infectieux. Le plasma de convalescents a été utilisé avec un certain succès pour traiter d’autres virus respiratoires. On sait qu'il fonctionne bien pour certaines maladies, comme la rougeole, mais pas pour d'autres, comme Ebola.

Un élargissement

La FDA autorisait déjà la transfusion de plasma de personnes remises du coronavirus sous certaines conditions, dans le cadre d'essais cliniques ou pour des malades en situation désespérée. Plus de 70.000 patients ont déjà reçu une transfusion de plasma prélevé sur des personnes convalescentes, selon le ministre américain de la Santé, Alex Azar. Ce dernier a indiqué que les premiers résultats faisaient état d'un taux de survie supérieur de 35% pour les patients ayant bénéficié d'une transfusion. L'autorisation délivrée dimanche va permettre d'élargir la population des patients susceptibles de recevoir une transfusion. Le traitement au plasma a par ailleurs déjà été autorisé en France, en Autriche, en Suisse, à Cuba ou en Chine. En Belgique, des études menées par l’UZ Leuven et le CHU de Liège sont en cours.

35%
de taux de survie
Le ministre américain de la Santé a indiqué que les premiers résultats faisaient état d'un taux de survie supérieur de 35% pour les patients ayant bénéficié d'une transfusion.

Donald Trump a qualifié l'annonce de "percée historique" pour le traitement du Covid-19, de nature à "sauver un nombre considérable de vies". Mais il avait déjà utilisé de telles expressions pour d'autres traitements potentiels contre le Covid-19, comme l'hydroxychloroquine - dont l'efficacité n'a jamais été prouvée - et le Remdesivir de Gilead, dont une étude clinique a démontré certains effets, mais pas fondamentaux. Une société polonaise de biotechnologie, Biomed, travaille de son côté sur le développement d’un médicament à base de plasma. À la différence du plasma, le médicament, sous forme d’injection, pourra être administré à tout patient indépendamment du groupe sanguin.

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