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Le premier pas vers la relance

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Un déconfinement très progressif.

La Belgique entre dans une nouvelle phase de gestion de la crise, celle d’un déconfinement progressif à partir du 4 mai. Mais elle ne signifie ni que l’épidémie est terminée ni qu’elle n’est plus dangereuse. Ce n’est pas un retour à la normale, à la vie d’avant. Nous allons devoir cohabiter de longs mois encore avec le coronavirus, avec toutes les inquiétudes et les incertitudes que cette pandémie génère. Dans ce contexte, notre mode de vie devra s’adapter en permanence, tant sur le plan professionnel que privé. La meilleure stratégie est d’adopter des mesures flexibles, en favorisant celles qui ont l’impact le plus positif sur l’économie, l’emploi, la société… avec un minimum de risques sanitaires.

Santé et économie vont de pair. Il n’y a pas à choisir. Le déconfinement graduel annoncé par Sophie Wilmès était une nécessité absolue. Entreprises et citoyens avaient besoin de perspectives et d’oxygène. Ce lent redémarrage est un risque calculé impératif pour préserver notre prospérité.

Notre mode de vie devra s’adapter en permanence, tant sur le plan professionnel que privé.

Pour réussir cette opération de déconfinement périlleuse, il faut un plan cohérent et une communication claire. Le CNS en a dessiné les contours. L’ensemble apparaît prudent, pragmatique et constructif, même s’il reste encore beaucoup de détails à affiner et de nombreuses questions en suspens, par exemple sur la réouverture des commerces de détail. De nos gouvernements, on attend dans les prochaines semaines une vigilance, une efficacité accrue – en particulier sur la disponibilité toujours problématique des masques et des tests de dépistage – et un soutien durable à nos entreprises et à leurs travailleurs ainsi qu’au personnel soignant et aux victimes de la crise.

Mais le succès du déconfinement ne dépend pas que du cadre fixé par les autorités publiques. Cette crise a des conséquences évidentes sur la santé et sur l’économie. Mais elle est aussi pénible parce qu’elle nous prive d’une partie de notre liberté, valeur que nous chérissons tous. Le déconfinement va nous permettre d’en recouvrer certains aspects, mais pas tous, pas totalement. Il faudra encore s’accommoder de certaines restrictions. Empêcher l’épidémie de regagner du terrain requiert un effort collectif continu.

Chacun d’entre nous doit agir à son niveau pour respecter les règles du jeu: adopter les fameux "gestes barrières", s’isoler directement en cas de symptômes, limiter au strict nécessaire les contacts sociaux, organiser le travail en assurant une distanciation sociale… Chaque citoyen, chaque entreprise, doit assumer sa responsabilité vis-à-vis des autres. C’est ce que la sociologue Eva Illouz appelle une "nouvelle éthique de la responsabilité". A nous d’en faire notre affaire personnelle. Car, in fine, un déconfinement réussi sera la meilleure rampe de lancement pour une relance économique dans l’intérêt de tous.

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