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Le prix du risque

Un coup de pouce s'impose pour le personnel dans la distribution.

Défiscaliser les heures supplémentaires ou accorder une prime non taxée dans la distribution? L’idée intéresse les patrons des grandes enseignes mais crispe les syndicats.

Les métiers de la grande distribution sont des métiers nécessaires. Certes pas au même niveau critique que le personnel soignant qui, lui, est vital. Il n’empêche, si on ferme les magasins d’alimentation, c’est la panique. Un avant-goût nous a été proposé avec l’étrange ruée sur le papier toilette au début de la période de confinement.

Au gré des récentes restructurations, les travailleurs de la grande distribution ont trop souvent eu la désagréable impression de faire office de variable d’ajustement. Aujourd’hui, on se rend compte qu’on a besoin d’eux. Partant de là, la moindre des choses est de leur assurer une protection adéquate par rapport au risque auquel ils s’exposent tous les jours, du matin au soir.

Les métiers de la grande distribution sont des métiers nécessaires. Si on ferme les magasins d'alimentation, c'est la panique.

Mais il faut aussi regarder à plus long terme. Par exemple en planchant sur une revalorisation de ces métiers certes peu qualifiés, mais néanmoins indispensables pour remplir nos assiettes. Et qui, en plus, s’avèrent aujourd’hui être des métiers à risque.

Cela pourrait passer par un effort de la collectivité, par exemple en défiscalisant les heures supplémentaires ou en accordant des primes défiscalisées. L’effort pourrait aussi être porté par le secteur lui-même, sachant qu’il peut continuer à tourner et à prospérer alors que la plupart des autres secteurs ont été contraints de fermer boutique.

L’idée n’est évidemment pas d’assimiler la grande distribution à des "profiteurs de guerre" comme on a pu parfois l’entendre. Ce n’est ni élégant ni honnête. D’abord parce que le secteur n’est responsable ni de la crise sanitaire ni de la réaction irrationnelle de certains consommateurs. Par ailleurs, on sait très bien que l’augmentation actuelle du chiffre d’affaires sera suivie d’un tassement brutal. Il faudra en effet laisser un peu de temps pour que soient consommés les kilos de pâtes et les rouleaux de papier toilette accumulés dans les caves à provisions.

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