Le Royaume-Uni mise sur la quarantaine

Les passagers arrivant à Londres doivent se soumettre à une quarantaine. ©AFP

Tous les passagers en provenance de l'étranger doivent s'isoler en arrivant sur le territoire. Le projet de "ponts aériens" est également en suspens.

Dernier grand pays européen à avoir ordonné le confinement, à la fin du mois de mars, le Royaume-Uni est désormais le plus précautionneux. Comme annoncé à la fin du mois de mai, tous les passagers en provenance de l'étranger – y compris les Britanniques, y compris par Eurostar –, doivent désormais fournir une adresse et s'engager à y rester isolés pendant deux semaines.

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morts
Le bilan quotidien de décès, établi à 55, est passé lundi pour la première fois sous le niveau qui précédait le confinement.

Comme dans les autres pays européens, l'épidémie de coronavirus est pourtant en passe d'être contrôlée. Le bilan quotidien de décès, établi à 55, est passé lundi pour la première fois sous le niveau qui précédait le confinement. Mais le principe de précaution, voire de risque zéro, l'emporte toujours sur les autres considérations, notamment sociales et économiques.

Cette quarantaine doit en théorie rester en place jusqu'à la fin du mois, et sera révisée toutes les trois semaines. Le Royaume-Uni s'est toutefois déjà aligné sur la plupart des pays de la zone Schengen en rouvrant ses frontières. Cette décision d'appliquer la quarantaine au moment où les écoles et les magasins rouvrent progressivement a été fortement influencée par les conseillers scientifiques de Boris Johnson, qui continuent d'appeler publiquement au maintien des règles de distanciation physique, notamment les 2 mètres. Johnson avait laissé entendre qu'un allègement de cette distance était possible dans les prochaines semaines, mais diverses études ont suggéré que la réduction à 1 mètre doublait le risque de transmission.

Ponts aériens?

Le Premier ministre doit également assumer le pire bilan européen en chiffres absolus, avec désormais plus de 40.000 morts. Le nouveau leader du parti travailliste, Keir Starmer, fait d'ores et déjà quasiment jeu égal dans les sondages, et Boris Johnson craint de voir l'ensemble de son mandat être définitivement entaché par sa gestion de cette crise, en cas de seconde vague.

Face à l'impatience des leaders de l'industrie aérienne et manufacturière, le gouvernement a réfléchi à un projet de "ponts aériens" avec divers pays européens. "Nous avons évoqué cette possibilité de ponts aériens", a confirmé un porte-parole de Downing Street. "Et c'est quelque chose sur lequel nous allons continuer de travailler. Mais il n'y a rien de plus pour l'instant." Ce projet est sans rapport avec les négociations du Royaume-Uni et de l'Union européenne pour les prochains accords commerciaux. Mais le fait que celles-ci se soient encore un peu plus enlisées en fin de semaine dernière n'a pas été un élément favorable à la création de ponts aériens spéciaux, même de courte durée, même bilatéraux.

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